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Adolescent démotivé à l'école : pourquoi ? Comment réagir ? Les solutions

Article par , le 30/09/2011 à 11h50 , modifié le 30/09/2011 à 12h10 1 commentaire

Certains adolescents mais aussi les enfants plus jeunes ont un dégoût de l'école et se retrouvent souvent en souffrance scolaire. Derrière ce dégoût, il y a presque toujours une raison.

Ces raisons sont par exemple une mauvaise orientation, des problèmes familiaux, une crise d'adolescence, la dyslexie, la précocité, la drogue ou encore les mauvaises fréquentations... Comment décrypter ce mal-être ? Pourquoi est-il en souffrance ? Y a-t-il des solutions ? Comment doivent réagir les parents ? Comment lui redonner le goût d'apprendre et de réussir dans le cercle scolaire ? Maria Poblete, auteure du livre "Comment mettre mon ado au travail", a répondu à nos questions.

Comment sait-on si un enfant est en situation de blocage à l'école?

Comme pour tous les problèmes qui surviennent à l'adolescence, les signes qui doivent alerter sont multiples. Ils devraient être pris dans un ensemble. Cela dépendra de chacun, de ses capacités à exprimer ou non ses émotions, de son habitude ou non de verbaliser. Les signes que je retiens de mon enquête auprès d'adolescents démotivés sont : une tristesse, une apathie, des pannes de réveil systématiques, des absences non justifiées, des  problèmes d'attitude en classe ou hors de la classe (récréations, permanences), un discours très dévalorisant de l'institution scolaire ou au contraire une absence totale de discussion sur le collège ou le lycée. Enfin, comme nous avons tendance en France à tout miser sur les notes, la chute de celles-ci est un signal fort. 

Enfant allergique à l'école : tous les milieux sociaux sont-ils touchés ?

Je ne sais pas si on peut être "allergique" à l'école ! On peut être en souffrance à l'école. Les chiffres publiés par l'AFEV (l'association de la fondation étudiante pour la ville), sont éloquents : 73 % des enfants de quartiers populaires déclarent ne pas aimer l'école, et 36 % déclarent avoir mal au ventre avant d'aller à l'école. Ces chiffres m'inquiètent. La question de la souffrance  scolaire est  massive dans notre pays. Elle touche toutes les catégories sociales. Elle est inquiétante dans les milieux populaires, qui n'ont pas toujours les codes de l'école et les moyens pour comprendre ce qu'on attend de l'école.

Pourquoi un enfant va-t-il se retrouver en situation de souffrance scolaire ?

D'après les chercheurs en éducation et les psychologues, les causes sont multiples. J'en dégagerai une : un enfant ou un adolescent qui réussit mal, qui n'y arrive pas dans telle matière, va se sentir dévalorisé, son estime de lui va être mise à mal. Il se sentira "nul" parce qu'il aura eu une mauvaise note. Nous avons un gros souci avec les notes en France: on évalue toujours par la négative, par ce que les jeunes ne savent pas faire ! On n'encourage pas du tout les enfants. Eh bien lorsqu'un jeune rate, ne réussit pas, a de mauvaises notes, il se sentira comme étant le "nul", le zéro c'est lui. Imaginez un peu l'image qu'on peut avoir de soi...Un enfant qui ne réussit pas, préfèrera alors se retirer, se mettre en jachère. L'enfant ou l'ado va se sentir marginal, mal aimé, triste. Alors il fera le zouave (pour les plus petits) ou le rebelle (pour les plus grands).

Les solutions ?

Je crois beaucoup en l'école et dans la réussite de tous dans l'école. Même si les moyens manquent et les suppressions de postes sont dramatiques (enseignants mais aussi psychologues scolaires, conseillers d'orientation dans de second degré, enseignants spécialisés..), je crois, j'espère que les solutions sont au sein des établissements, avec les autres partenaires que sont les parents. La coéducation est indispensable, les parents ont désormais leur mot à dire au sein des établissements. Pour cela, évidemment, il faut relever les manches, aller voir les enseignants de l'adolescent, les parents d'élèves, les délégués, le Conseiller principal d'éducation. Les solutions existent. Elles sont individuelles et collectives.

Comment doivent réagir les parents ?

Voir son adolescent en souffrance et démotivé est toujours une épreuve pour un parent. Les parents misent  beaucoup sur l'école - et ils ont raison-. On aimerait tellement qu'ils réussissent, qu'ils soient heureux et qu'ils s'en sortent dans la vie ! Avant toute chose, je pense qu'il est indispensable de prendre du recul et d'essayer d'abord de se souvenir de notre scolarité : était-on bon élève ? Avions-nous peur de l'école ? Avons-nous eu de mauvaises expériences ? Avons-nous échoué ? Aurions-nous voulu aller plus loin dans nos études ? Se poser ces questions fait sacrément avancer. Ensuite et ensuite seulement, on peut alors mener, tranquillement, sa petite " enquête". Essayez de savoir ce qui ne va pas, dans la vie de votre ado, comment se positionne-t-il avec ses copains ? Se sent-il intégré ? A-t-il un problème relationnel avec un enseignant ? A-t-il une difficulté dans une matière en particulier ?

Faut-il punir ? Comment réagir ?

Punir ? Menacer ? Ces décisions restent dans le domaine intra familial. Cela se discute dans chaque famille, en fonction de l'histoire familiale. Personnellement je ne crois pas beaucoup dans les punitions, les restrictions, les menaces. La motivation vient de chacun de nous, de l'intérieur de nous. Si on sait pourquoi il serait judicieux de se mettre à bosser ses maths (passer dans la série souhaitée..), son anglais (travailler plus tard à l'étranger..), on s'y colle presque naturellement. Et certainement pas parce qu'on a été privé d'ordinateur ! Vous savez, l'ado peut très bien rester des heures allongé sur son lit à scruter les toiles d'araignée imaginaires du plafond de sa chambre...Ils sont très forts dans cette matière ! Evidemment, l'ado-roi, non ! On peut expliquer tranquillement mais fermement que nous attendons un changement d'attitude. Il veut être grand ? Très bien, qu'il le prouve en prenant ses responsabilités. Et étudier est l'un de ses devoirs.

Pour les plus petits ?

Certains enfants plus jeunes fonctionnent à la carotte parfois. Pourquoi pas ? On peut très bien passer un contrat : tu essayes d'apprendre ta poésie, tu auras une petite récréation. Mettez-vous à leur place : quand vous escaladez, vous savez bien que vous n'arriverez pas de suite au sommet. Vous procédez par étapes, vous croquez une barre de chocolat ou une pomme. Pour un enfant c'est la même chose. Chacun a son rythme, une pause, une gratification, une récompense (même un merci, un bravo, un « tu vas y arriver ! ») et ça repart ! 

Comment redonner l'envie d'apprendre et de réussir ?

Dans mon ouvrage j'ai rencontré de nombreuses familles et autant de spécialistes qui les ont aidés, "coachés". L'une d'elles, Jeanne Siaud Facchin, une psychologue spécialiste des troubles des apprentissages, évoque une jolie image, celle du jardin en friche. Vous avez un lopin de terre totalement désorganisé, abandonné, les herbes folles poussent partout. Vous n'allez pas vous fatiguer à bêcher tout le terrain, vous vous épuiseriez. Prenez alors un bout de ce jardin, bichonnez-le, bêchez puis plantez quelques fleurs. Elles poussent, elles sont belles, c'est formidable, c'est beau et ça fait sacrément plaisir ! Pour les études, c'est pareil. Ne poussez pas votre enfant à réussir absolument partout, dans toutes les matières. Pas tout, tout de suite. Conseillez-lui de se concentrer sur quelques unes, ces réussites vont lui faire un bien incroyable. Il va se sentir revigoré, sa confiance en lui va être là de nouveau ...et il va s'attaquer au reste !

En conclusion, je dirais que la  question de l'échec scolaire ne devrait pas être au centre de toute la vie familiale. On a tous des souvenirs cuisants de repas pénibles, le ventre noué par les disputes liées aux notes, aux résultats ! Certes c'est important, mais un enfant ou un adolescent est d'abord un enfant ou un adolescent, il n'est pas uniquement un élève ! Parlons leur d'autre chose aussi, de la vie, de l'amour, de la politique, de notre enfance et adolescence.

"Comment aider mon ado au travail" de Maria Poblete aux éditions L'Etudiant (prix : 14,90 euros).

Pour en savoir plus sur ce guide et Maria Poblete, cliquez ici
 
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