Chez nous on ne fête pas Noël

Article par Clémence Orcel , le 30/11/2009 à 15h14 , modifié le 30/11/2009 à 15h22 0 commentaire

Le sapin, le festin, le Père Noël, les retrouvailles en famille : la fin de l'année est une fête pour beaucoup d'entre nous. Pourtant, certains ne fêtent pas Noël, par choix, par conviction religieuse ou par chagrin. Témoignages.

Christine, 36 ans : Pas de Noël, mais Hanoukka !

"Comme vous le savez, les familles juives ne fêtent pas Noël, mais elles ont tout de même une fête à célébrer en décembre : c'est Hanoukka, la fête des lumières. Pendant cette fête, chacun allume une bougie d'un chandelier à huit branches, chaque soir de la semaine. Afin de célébrer Hanoukka, on s'échange aussi un cadeau par jour pendant huit jours.

Donc chez nous, pas de Père Noël, pas de petit Jésus et pas de crèche. Pour compenser, on a quand même cédé sur la déco : les enfants peuvent décorer l'appartement un peu comme ils le souhaitent pendant "les fêtes". Et pour ne pas qu'ils se sentent malheureux lorsque leurs petits copains leur parlent de Noël et qu'ils comprennent que ce n'est pas forcément mieux à côté, le 24 décembre on organise un bon repas et on reçoit de la famille ou des amis pour marquer le coup !"
 
Véronique, 44 ans : Noël rime avec chagrin

"J'ai perdu mon fils le soir de Noël, il y a six ans. Justin n'avait que 17 ans et un accident de scooter l'a emporté. A l'époque, j'adorais Noël. Chaque année, nous étions tous réunis autour d'un bon repas, d'un bon feu, dans la joie et la bonne humeur et nous passions deux jours formidables tous ensemble. Noël ne m'avait jamais déçue, avant ce soir terrible où mon enfant est décédé.

Depuis, je refuse de célébrer Noël. Ce n'est plus une fête pour moi, c'est une journée de deuil, particulièrement longue et pénible. Alors, pour ne pas croiser toutes ces familles heureuses et sereines avant et pendant les fêtes, je me terre chez moi pendant deux ou trois semaines. Mon mari a beau s'arracher les cheveux, je refuse de sortir de la maison pendant que le grand spectacle de Noël se joue en ville. Mon cœur ne le supporterait pas.

Ma famille, elle, s'est remise à fêter Noël il y a quatre ans. Mes deux enfants, Alice 19 ans et Jérémy 16 ans ont estimé que leur grand frère n'aurait pas souhaité que Noël soit une période si noire. C'est leur père qui s'occupe de leur trouver des cadeaux et le soir du réveillon, ils se rendent chez leurs grands-parents, à quelques dizaines de kilomètres de chez nous.

Je sais que mes enfants culpabilisent de me laisser seule ce soir-là, mais c'est mieux comme ça, je préfère les savoir heureux pendant que je pense à mon petit bonhomme qui est parti beaucoup trop tôt. Eux aussi souffrent, leur enfance leur a en quelque sorte été volée il y a six ans, alors je les encourage à se changer les idées !"
 
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