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Jean-Paul Gaultier, la saga de la marque

Article par Elsa DOLADILLE , le 19/06/2010 à 10h08 , modifié le 28/12/2010 à 11h25 0 commentaire

Jean-Paul Gaultier, c'est l'enfant terrible de la mode française. Qu'on adhère ou pas à son style atypique et décalé, il faut bien reconnaître qu'au cours de ses 30 ans de carrière le créateur a su bouleverser les codes bien établis de la haute-couture et du prêt-à-porter de luxe. Aujourd'hui, sa renommée est telle que vous êtes capable d'identifier ses créations du premier coup d'oeil, mais connaissez-vous son histoire ?

Né à Bagneux le 24 avril 1952, Jean-Paul Gaultier est issu d'une famille modeste. Rien ne laissait présager que le jeune homme se lancerait dans le stylisme ou la mode, sauf peut-être son goût pour les malles de vêtements anciens dont regorge le grenier de sa grand-mère. La légende raconte qu'à six ans le jeune homme s'essaye déjà au stylisme, avec Nana, son ours en peluche, dans le rôle du mannequin. Soutenu par ses parents et sa voisine, rédactrice au Petit Echo de la Mode, Jean-Paul Gaultier fait ses premières expérimentations de créateur en dessinant notamment à l'âge de 15 ans les esquisses d'une collection de vêtements pour enfants.
 
Devant le film Falbalas, de Becker, Jean-Paul Gaultier a un déclic révélateur : c'est décidé il sera styliste. Peu de temps après, il  tente le tout pour le tout en envoyant ses croquis à l'atelier de Pierre Cardin. Et le jour de ses 18 ans, il intègre enfin la prestigieuse Maison : plutôt engageant comme cadeau d'anniversaire ! En 1971, après un bref passage chez Jacques Esterel, Jean-Paul Gaultier rejoint les ateliers de Jean Patou. Il y fait ses premières armes aux côtés de Michel Gomez, puis d'Angelo Tarlazzi.
 
En 1974, retour aux sources, chez Pierre Cardin qui l'envoie à Manille pour créer les collections destinées au marché américain. Là-bas, il fait la rencontre de Francis Menurge, qui devient son pygmalion. Ce dernier l'encourage vivement à lancer sa propre griffe, conseil que suivra finalement Jean-Paul Gaultier après avoir surmonté ses réticences. Il présente sa première ligne en 1976, au Palais de la Découverte, dans l'indifférence générale. Trop avant-gardiste peut-être, mais les codes Jean-Paul Gaultier sont déjà bien présents : vestes de cuir épais porté avec de longs jupons en tulle, son esprit motard-rock est déjà bien affirmé. Mais très affecté par son échec au Palais de la Découverte, le jeune créateur songe à tout laisser tomber. Heureusement, il est rattrapé in-extremis par le groupe japonais Kashyama, qui lui propose de dessiner une ligne de vêtements en 1978. La collaboration se passe à merveille ; la haute-couture a frôlé le drame, mais la catastrophe annoncée n'aura pas lieu : l'enfant terrible de la mode est de retour !
 
Les années 80 sont les années Gaultier : la petite marque prend du galon, grâce à une vision révolutionnaire de la mode. Prenant délibérément à contre-courant les tendances en vigueur, Jean-Paul Gaultier ne précède pas la mode, il la crée. Ainsi, dès le début des années 80, il lance les prémices de la mode éthique, près de 20 ans avant son avènement, en recyclant des boîtes de conserves. En 1983, il présente la ligne Toy Boy et la fameuse marinière qui deviendra sa marque de fabrique. En 1985, il est le premier à lancer une ligne unisexe : jamais dans l'histoire de la mode  un créateur n'avait osé faire porter la jupe aux hommes !
 
Jean-Paul Gaultier habille également les stars : le fameux bustier à seins coniques porté par Madonna pendant le Blond Ambition Tour est imaginé par Jean-Paul Gaultier. Il habille également Yvette Horner pour son spectacle au Casino de Paris en 1991, et, plus récemment, Mylène Farmer et Kylie Minogue.
Le cinéma fait aussi appel à ses talents pour dessiner les costumes futuristes du Cinquième Elément en 1997, ainsi que ceux de Kika et de La Cité des Enfants Perdus en 1994.
 
Le premier parfum féminin de Jean-Paul Gaultier voit le jour en 1993. Simplement baptisé Jean-Paul Gaultier, il sera plus tard renommé Classique tant il deviendra un must de la maison. Deux ans plus tard, il crée Le Mâle, son premier parfum pour homme. Toujours là où on ne l'attend pas, Jean-Paul Gaultier imagine au début des années 2000 Tout Beau Tout Propre, la première ligne de cosmétiques exclusivement dédiée aux hommes.
Côté collections, c'est un mélange habile des codes culturels relevé d'une pointe d'impertinence que nous proposent les lignes de prêt à porter Jean-Paul Gaultier : Rabbins Chics en 1993, Piercings et tatouages en 1994, Gaultier2 en 2006 effacent les barrières identitaires et brouillent les frontières entre les genres.
 
En 1997, Jean-Paul Gaultier se lance dans la haute-couture, et cède une part de son capital à Hermès, dont il devient directeur artistique en 2003.
Sept ans plus tard, il quitte Hermès pour se consacrer à des projets personnels, sans doute liés au développement de ses propres lignes de haute-couture !
 
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