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Cartier, la saga de la marque

Article par Elsa DOLADILLE , le 12/06/2010 à 16h41 , modifié le 28/12/2010 à 11h26 0 commentaire

" Joaillier des rois, Roi des joaillers ! ". Ainsi Edouard VII, prince de Galles, qualifiait-il Cartier. Quel titre conviendrait mieux au fournisseur officiel des têtes couronnées et des stars depuis plus de 160 ans ? Entre innovation, tradition et modernité, découvrez l'histoire d'une marque centenaire qui n'a pas pris une ride !

Lorsque Louis-François Cartier reprend le petit atelier de bijouterie de son maître d'apprentissage en 1847, il est loin de se douter de la fantastique renommée qui l'attend. Au départ, il  n'est qu'un jeune apprenti particulièrement doué, capable de concrétiser les désirs créatifs les plus invraisemblables. Dix ans suffiront à ce jeune prodige pour se faire un nom et devenir l'un des joailliers les plus réputés de la capitale, particulièrement auprès de la haute-bourgeoisie. A la cour de Napoléon III, les coquettes de l'époque s'entichent vite de ce jeune créateur et l'Impératrice Eugénie en personne se pare de bijoux Cartier.
En 1888, Cartier révolutionne le petit monde de l'horlogerie en créant les premières montres-bracelets pour femme. Serties de diamants, ces montres sont de véritables bijoux précieux au sens propre comme au sens figuré qui rencontrent immédiatement un joli succès.
 
Le fils de Louis-François, Alfred, reprend l'entreprise florissante et s'installe à l'adresse bien connue des adeptes de la marque, le 13 rue de la Paix, en 1899. Il est loin le temps du petit atelier de la rue de Montorgueil !
 
La troisième génération de Cartier, Pierre, Jacques et Louis, développent l'activité internationale de la marque en prenant chacun le contrôle d'une succursale. Jacques s'occupe de Londres, Pierre de New-York et Louis obtient la responsabilité de la maison parisienne. Ce dernier, tête pensante du trio, développe une ligne de bijoux d'inspiration néo-classique, en diamants sur monture de platine. Séduit par cette alliance inédite, le Prince  de Galles commande à Louis Cartier 27 diadèmes pour son couronnement en 1902. C'est à cette occasion qu'il proclame Louis Cartier « Joaillier des rois, rois de joailliers. », et lui accorde le brevet de fournisseur de la Cour Royale d'Angleterre en 1904.
 
La même année, Louis créé pour son ami aviateur Santos-Dumont, une montre spécialement conçue pour pouvoir être consultée sans lâcher le manche de l'avion : la montre-bracelet Santos est née.
 
En 1909, Pierre s'installe à New-York et ouvre une succursale sur la 5e avenue.
 
Cette période faste est considérée comme l'âge d'or de la Maison. Louis, considéré comme l'innovateur de la fratrie, puise son inspiration dans les courants artistiques de l'époque pour créer des pièces inédites, mélange habile de classicisme et d'une pointe d'audace avant-gardiste. Jacques et Louis ne sont pas en reste. Grands voyageurs, ils parcourent le monde pour en rapporter les pierres les plus fines et trouver de nouvelles sources d'inspiration. Sous la collaboration des trois frères, de nombreuses pièces mythiques de Cartier voient le jour : la montre Tonneau (1906), la Pendule Mystérieuse (1912), dont les aiguilles semblent flotter dans l'air, la montre Tank (1919) ou encore la Trinity (1924), devenue depuis un symbole d'engagement, et une preuve d'amour par excellence.
 
 
En 1933, c'est une femme, Jeanne Toussaint, qui prend la direction de la Haute-Joaillerie Cartier. Sous le joug allemand, elle marque le soutien de Cartier au mouvement de la Résistance en créant des bijoux symboliques de l'Occupation comme les Oiseaux en Cage ou la célèbre broche « L'oiseau libéré » en 1944.
 
Louis et Jacques Cartier meurent en 1942. Privé de son génie créatif, la marque décline peu à peu et se met à vendre les modèles d'autres horlogers de renom comme Movado, Jaeger-Lecoultre ou Piaget.
 
A la fin des années 60, la maison passe aux mains de Robert Hocq. Cet industriel doté d'un sens des affaires hors-pair développe une stratégie commerciale basée notamment sur le lancement de produits dérivés : briquet en or, parfum en flacon-bijou précieux ou encore ligne de maroquinerie viennent ainsi enrichir les vitrines des boutiques Cartier.
 
En 1984, Cartier se lance dans le mécénat culturel en créant la Fondation Cartier. Pour encourager la création artistique contemporaine et faciliter son accès par le public, cette institution organise régulièrement des expositions mettant en avant de jeunes artistes peu connus et des ateliers d'initiation à l'art sous toutes ses formes.
 
En 1997, Cartier fête ses 150 ans en grandes pompes : c'est l'occasion pour la marque de lancer d'exceptionnelles parures en série limitée comme ce collier serti de deux diamants de 205 carats. A Londres et à New-York, les prestigieux British Museum et Metropolitan Museum of Art rendent un hommage tout particulier en lui consacrant une rétrospective.
 
Cartier est racheté par le groupe Richemond en 1999 et intègre ainsi l'un des principaux empires du luxe à travers le monde.
 
Aujourd'hui, malgré ses 160 ans bien frappés, Cartier est plus que jamais dans l'air du temps. Pour la naissance de leur fille Sunday Rose, c'est une Trinity que choisit Keith Urban pour sa femme Nicole Kidman... Comme quoi le roi des joailliers a encore de beaux jours devant lui !
 
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