Un perfectionniste
Balenciaga cherche perpétuellement la perfection, il monte et remonte ses patrons, coud et découd ses robes sans cesse afin d'obtenir une ligne pure et parfaite. La guerre d'Espagne le pousse en France. Il installe sa maison de couture au 10, avenue George V en 1937. Il ne se fond pas dans la vie parisienne bien que Givenchy, Dior ou Coco Chanel se lient d'amitié avec lui.
Une oeuvre riche
Virtuose de la
couture, respecté par ses pairs pour son savoir-faire et son professionnalisme,
Balenciaga a consacré sa vie à réaliser des vêtements pour des femmes (riches) alors qu'il n'était pas sensible à leur charme. Coco Chanel, toujours très critique sur les œuvres de ses pairs, dira à propos de ses fameux modèles " sans col " : " ils laissent apparaître les cous fripés de ses clientes ".
Balenciaga travaille sur des nuances de noirs, son style est plutôt austère. Cependant, ses origines espagnoles influencent énormément son travail, notamment pour les
robes du soir ou de cocktails qu'il ne manque pas de parer de broderies ou d'accessoiriser avec des boléros aux coupes irréprochables.
Mais sa touche perso, son " dada ", ce sont les drapages, qu'il n'aura de cesse de faire évoluer ou de placer sur tout type de pièces et de tissus, tout au long de sa carrière.
Ses pièces maîtresses
Certains modèles encensés par la presse ou portés par un engouement populaire font la notoriété d'un couturier. Pour Balenciaga, les années 50 seront pour lui l'avènement de la consécration grâce à trois pièces :
Le tailleur semi-ajusté (1952) : cintré devant et vague derrière, une petite révolution en matière de stylisme.
La robe tunique (1955) : une ligne droite qui effleure à peine la taille.
La robe Baby Doll (1958) : un style enfantin tout en dentelle, une inspiration 100 % hispanique.
La fin de la maison de couture Balenciaga
En 1968, Cristóbal, âgé de 73 ans, décide de prendre sa retraite. Il a accompli son rêve de " réduire le vêtement à l'essentiel : une couture unique ". Il ne veut pas, à l'image de Pierre Cardin, " se prostituer avec le prêt-à-porter " et préfère fermer sa société.
La marque continue d'exister dans le monde, la boutique avenue George V propose aux clientes des foulards et quelques rééditions de robes.
En 1997 Nicolas Ghesquière est nommé directeur artistique de la Maison Balenciaga, il a pour mission de créer des collections dans l'esprit Balenciaga. Ce jeune styliste étudie assidûment les archives du maître avant de produire sa collection : un succès...
Balenciaga Paris, l'expo
Les collections sont rassemblées par époques et par styles (tailleurs,
robes du soir, costumes de théâtre...). Cette présentation chronologique permet au visiteur de comprendre le travail du créateur ainsi que le choix des matières au travers des époques marquantes du XXième siècle.
A l'étage inférieur, arrêtez-vous un moment devant les écrans de télévision, diffusant en boucle des défilés de l'époque ainsi que les derniers en date.
L'exposition se termine sur les collections de Nicolas Ghesquière. On remarque dès le premier regard que ce jeune styliste est lui aussi un perfectionnisme, ses vestes sont ajustées, les coloris et imprimés s'accordent irréprochablement. L'esprit
Balenciaga est bien là.
Notre avisUne très belle rétrospective qui illustre magnifiquement le travail de Cristobal
Balenciaga ainsi que l'évolution de la mode féminine sur près d'un siècle.
Cependant si vous n'êtes pas styliste de formation ou incollable dans le domaine de la Haute-Couture, nous vous recommandons de vous faire accompagner par un conférencier.