Hermès 17 rue de Sèvres

Article par Brieuc75 , le 25/11/2010 à 10h05 , modifié le 26/11/2010 à 12h02 0 commentaire

Jeudi dernier était inaugurée la nouvelle boutique Hermès, rive droite, une première pour l'enseigne de luxe à la française. Brieuc75 y était...

Une nouvelle maison c'est toujours une nouvelle découverte, une façon de faire découvrir son âme intérieure...
Alors quand une grande maison de luxe ou plutôt de qualité ouvre une nouvelle boutique, l'événement est forcément un grand événement.

Ainsi alors que l'actualité de cette semaine est consacrée à la mise en vente de la collection Lanvin pour H&M, celle de la semaine dernière tournait autour de la nouvelle boutique qu'ouvre Hermès rive gauche, au 17 rue de Sèvres.
Hermès rue de Sèvres 1

Alors que le luxe, cette futilité inaccessible avait trouvé refuge sur la rive droite de Paris, l'intelligence reposait sur la rive gauche. Et puis, en peu d'années, depuis l'implantation d'Armani sur le boulevard Saint Germain, un mouvement s'est enclenché avec une accélération en 2010 avec les ouvertures des nouvelles boutiques Burberry ou bien encore Ralph Lauren.

L'annonce d'Hermès d'investir sur cette rive ne pouvait qu'attiser la curiosité.

Chaque nouvelle implantation illustre à chaque fois l'esprit maison. Après la modernité de verre à Ginza au Japon, ou le nouvel espace dédié à l'homme sur Madison dans un immeuble de briques rouges, qu'allait donc nous proposer la maison Orange, sur cette rive de Paris, en posant ses selles, kelly et autres carrés de soie dans l'ancienne piscine Lutetia, attenante à l'hôtel du même nom, datant de la période ART Déco et classé monument historique ?

La mission confiée à l'architecte Denis Montel (et non plus à REDA) était de redonner du lustre à un lieu qui après avoir accueilli une marque de prêt-à-porter branchée des années 70, Dorothée Bis puis à des enseignes de dégrif', était retombé dans un profond sommeil ?

Si un premier brainstorming aurait pu proposer une vision hollywoodienne de nymphes façon Esther Williams, nul doute que la maison Hermès aurait rejeté cette idée trop « m'as-tu vu » pour se consacrer aux origines, avec une pointe d'insolence. Plus proche de l'imagerie d'une Coco Chanel en baigneuse à Deauville même si l'image sent trop le chlore de la rive droite...

Et c'est donc là que le miracle s'est accompli...

En effet, la visite des lieux a permis de confirmer ces deux visions.
D'une part, un travail sur cet aspect suranné des années 30 avec ses coursives qui accueillaient les anciennes cabines pour se changer, les rampes en fer forgé remises en valeur, les colonnades aux châpiteaux dorés ou la restauration de la mosaïque de l'époque aux couleurs crème, vert et argent. Et puis cet espace conservé, immense, cette immense boîte formant atrium et sa lumière zénithale. Ne dit on pas que le luxe c'est l'espace.

D'autre part, il y a ces drôles de hutte en frêne naturel, au nombre de 3, qui prennent leur assise au fond de l'ancienne piscine pour frotter l'air jusqu'à 9 mètres de haut. Des sortes de nid qui abritent des espaces à thématiques autour de l'art de la maison : table, linge, mobilier.

Pour autant, l'autre nouveauté était de proposer dans ce flagship (terme très Vuittonien), plus q'une boutique, un concept store... Idée quelque peu éculée également, après les Colette ou Merci de la Capitale... et pourtant, en lien avec cette volonté de mettre en avant l'art de la Maison, l'idée de développer l'art de vivre tout court. Comme une invitation à la flânerie, à la décontraction comme nous le rappelle si bien Véronique Nichanian dans ses collections homme... pour Hermès. Avec des vitrines déconcertantes dignes d'un Conforama du luxe, bien loin de l'imaginaire de Leïla Menchari, et cette entrée occupée par le fleuriste Baptiste, cette librairie Actes Sud qui nous renvoie à l'esprit Rive Gauche, ou ce salon de thé, Le Plongeoir, au mobilier d'une simplicité désarmante : quelques tables, des chaises en rotin et une sélection de thé.
Nous retrouvons l'ambiance d'un Bartabas qui a collaboré avec Hermès, avec un travail formidable avec les chevaux, dans un manège des plus rudimentaires, créant une idée de force et de magnificience. Le brut au service de la sophistication.

Pas d'esbrouffe, simplement une promenade, dans un lieu où les matériaux ne heurtent pas le regard, où le luxe reste discret. L'écrin ne dévore pas le visiteur et met en valeur, ce qui semble être contradictoire, les articles exposés, comme une forme de révélation de la beauté d'une jeune femme à la lumière du jour. Pas d'artifices.

Du cosy parisien moderne, pour se promener le week-end, prendre le temps de feuilleter un livre, boire un thé ou s'offrir un bouquet de pivoines, avant de rejoindre l'industrieuse rive droite pour consommer au 24 Faubourg de tous ces objets futiles et indispensables, loin des regards de la rive gauche, pour y retourner à la nuit tombée, avec un sac orange.

Retrouvez aussi la suite des aventures de brieuc 75 sur son blog !

 
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