Vive la crise : les créateurs proposent des lignes à petit prix

Article par , le 13/11/2009 à 15h17 , modifié le 13/11/2009 à 18h08 0 commentaire

Quand vous pensez produit de luxe, vous pensez aux vénérables maisons de l'avenue Montaigne ou du triangle d'or... Et s'il vous arrive de rêver devant ces vitrines, dans la vraie vie, à moins d'avoir un salaire à cinq chiffres, vous vous dîtes que le luxe, ce n'est pas pour vous... Erreur !

Dans les boutiques de mode de l'avenue Montaigne, les vendeurs font la grise mine. Si depuis quelques années déjà la clientèle française a déserté les boutiques de luxe, voilà que la clientèle internationale venue de Russie ou du Moyen-Orient est aussi en voie de disparition. "Avec la faiblesse du dollar par rapport à l'euro, les Américains achètent moins, explique une vendeuse d'une des boutiques de la rue du Fbg Saint Honoré. On est inquiet pour 2010". En 2009, Chanel a décidé de ne pas econduire pas moins de 200 CDD, un mauvais signe pour l'ensemble de la profession.

Conscientes du problème, certaines maisons ont lancé la contre-offensive. A commencer par Marc Jacobs, l'enfant terrible de la mode qui, fin 2008, ouvrait une boutique place du marché Saint-Honoré à Paris. Sa stratégie ? Proposer des objets griffés mais à la portée de toutes les bourses (stylos à 1 €, bretelles à 20 €), le luxe n'est plus un fantasme inaccessible.

Le cas Marc Jacobs fait des petits

Et ça marche, cet hiver, Marc Jacobs récidive avec une ligne anticrise et qui s'assume comme telle. Des t shirts, des jeans, des basiques, des vêtements portables, à la portée de tous, ou quand le luxe flirte avec le low cost. Maître dans l'art de la provoc' et du grand écart, Marc Jacobs casse le carcan du luxe. 

Dans son sillage, Yves Saint-Laurent (sous la direction de Stefano Pilati propose quelques uns de ses modèles phares, à prix plus doux. Bon ok, pour vous offrir un sac Downtown ou une jupe tulipe, il faudra quand même casser votre tirelire, mais la marque New Vintage 2009 affiche des prix inférieurs en moyenne de 20 %. 

Même idée chez Givenchy qui lance une nouvelle collection, baptisée Redux, qui revisite les classiques de la maison, en (un peu) moins chères. Par exemple, la blouse blanche créée par Hubert de Givenchy en 1952 s'affiche à 300 € contre 800 € dans la ligne normale. De même, Dolce & Gabbana, Versace mettent en avant leurs lignes bis, D&G et Versus. 

Et pour les amoureuses de Jimmy Choo qui n'ont pas eu la chance d'acheter une paire chez H&M, le chausseur lancera en janvier une nouvelle collection, une ligne dédiée à des femmes actrices, qui comprendra des ballerines et des escarpins à petits talons.

La fin du bling-bling

Et derrière cette crise du luxe, les sociologues expliquent que c'est un changement de comportement qui se joue. Fini le bling-bling, les rolex à 10 000 euros, on dit oui aux basiques, aux pièces indémodables qu'on portera avec toujours autant de plaisir sur plusieurs saisons. A la pointe de cette tendance, les recessionistas, des modeuses qui aiment la mode sans pour autant être des acheteuses compulsives. Les shoppeuses responsables ont remplacé les shoppeuses addict. Qu'on se le dise...

Et les marques sont bien obliger de s'adapter : pour sa prochaine collection Dolce & Gabbana annonce une baisse de prix de l'ordre de 15 %. Et ça c'est tant mieux pour notre porte-monnaie.

 
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