Difficile de ne pas aimer
Chanel devant la profusion des propositions (plus de 60 passages !). Le talent du Kaiser de la mode réside peut-être dans sa capacité à séduire le plus grand (et le plus beau ?) nombre.
C'est plus sur la silhouette générale de la femme
Chanel Haute Couture que l'on retrouvera une cohésion.
Ainsi, deux silhouettes principales semblent avoir séduit le couturier cette saison. On retrouve majoritairement des épaules oversize et des coupes aux genoux, déclinées ensuite en tailleurs, manteaux, etc...Et en second temps, des robes sous le genou, complétées de tops courts (pull, vestes, boléro...) mais toujours à large carrure. A première vue, la collection possède une identité visuelle très marquée et reconnaissable.
Ponctuellement ressortent des pièces plus couture, qui viennent rompre la linéarité apparente du
défilé. On pourrait tenter de les regrouper sous le qualificatif « baroque » au vue des matières dans lesquelles ils sont façonnés, lourdes et épaisses comme des tapisseries de brocart. Certains des ors utilisés ainsi que les velours reprennent l'effet métallique d'une armure ou d'une côte de maille, renforcent encore l'idée du baroque.
Certes, la majorité de la collection ne surprend pas véritablement. On est toujours chez
Chanel, on a toujours du
tweed, du pied de poule, du tailleur, du confortable chic et luxueux. Le plus 2011 : le tailleur se porte manche courte et épaulée, avec, à la place des finitions de chaines, de la fourrure. De nouveaux volumes, mais rien de vraiment novateur...
Si l'on constate le conservatisme de
Chanel, on n'en demeure pas moins admiratif et émerveillé face à ce dressing ultra-complet qui remplit toutes les cases de notre garde-robe et nous propose des looks pour toutes les occasions. Les volumes des silhouettes sont parfaits et précis, et les broderies qui ornent les robes sont époustouflants.
Autre point fort de la collection : son classicisme. C'est LE ton mode de l'hiver à venir. Toujours pas de crise en vue pour
Chanel... Chapeau bas.