Quitter l'électronique pour le vin

Article par Cyril-Claire COURNOYER , le 30/05/2006 à 15h10 , modifié le 14/06/2006 à 17h01 0 commentaire

Chantal est une femme dynamique qui sait ce qu'elle veut. Experte en homologation de matériel médical, cette passionnée de vin a quitté son emploi pour devenir caviste. Elle nous raconte cette reconversion.

D'où vous vient cette passion du vin ?
Je suis née à Montauban et j'ai beaucoup de famille sur Gaillac. Du plus loin que je me souvienne, la vie dans les vignobles m'a toujours plue pour sa convivialité. Puis l'aspect mystérieux des caves, le côté magique du vin, comment, à partir d'un petit grain de raisin, on arrive à fabriquer cette boisson... J'aime la noblesse de tout ça.

Quand avez-vous décidé d'y consacrer votre vie ?
J'ai une formation d'électronique qui m'a amenée à travailler dans un laboratoire pour l'homologation du matériel d'imagerie médicale. Vers 45 ans, j'ai décidé de suivre une formation d'œnologue pour approfondir mes connaissances en vin. J'avais déjà en tête l'idée de monter ma propre cave, mais c'est surtout quand le domaine dans lequel je travaillais a connu des périodes difficiles que je me suis dit : " C'est maintenant ou jamais. "

Par quoi avez-vous commencé ?
J'avais déjà décidé que je ne vendrais que des vins du Sud-Ouest. Avant même d'enregistrer mon commerce, je suis allée rencontrer plusieurs viticulteurs. Tous m'ont accueillie avec une grande gentillesse. Puis beaucoup m'ont fait confiance rapidement, ce qui est primordial quand on débute et qu'on n'a pas encore beaucoup de fonds. En décembre 1999, ma SARL a été créée.
J'ai commencé doucement, en vendant essentiellement des vins sur des foires et à des professionnels. Puis en avril 2004, j'avais envie de diversifier mon activité et j'ai ouvert ma propre boutique à Dampierre, dans les Yvelines.


Le fait d'être une femme dans ce domaine à priori très masculin est-il un obstacle ?
Non, je n'ai pas ressenti de méfiance. Peut-être que cela aurait été différent si j'avais souhaité devenir viticultrice. Mais même si les clients me font part de leur surprise, ils ne me font pas moins confiance ! Je leur conseille des vins peu connus, des crus découverts lors de mes voyages. Les gens adorent découvrir des bouteilles pas systématiquement distribuées en grande surface.

Vous parlez des viticultrices, en existe-t-il beaucoup ?
De plus en plus ! C'est d'ailleurs toujours touchant de constater à quel point les hommes et les femmes ne possèdent pas le même palais. Le vin d'une viticultrice se reconnaît, il est plus doux, plus rond en bouche.

Quelle est la plus grande difficulté que vous avez rencontrée dans cette reconversion ?
Sans aucun doute la lourdeur de la bureaucratie en France ! Il n'y a aucune souplesse au niveau de la création d'entreprise, et il faut être sacrément motivé pour se lancer. Je dois demander l'aide d'un comptable pour m'y retrouver.

Vous avez des regrets ?
Non, car travailler avec le public m'apporte beaucoup. J'ai créé de nombreux liens forts, aussi bien avec la clientèle que mes fournisseurs. Et je continue à apprendre tous les jours, le vin est un domaine si riche !

 
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