Marie Leblon fait vivre nos héros de bandes dessinées

Article par Laurence BOURDOULEIX , le 23/01/2007 à 11h40 , modifié le 24/01/2007 à 09h47 0 commentaire

Marie Leblon s'est fait connaître il y a une vingtaine d'années grâce à ses statuettes de Tintin. Elle a été choisie pour sculpter le prochain trophée du festival de la bande dessinée d'Angoulême. A cette occasion, nous avons rencontré cette artiste.

Comment êtes-vous passée du monde de la danse à celui de la sculpture ?
J'ai rencontré Eric Delienne qui faisait des marionnettes en bois. Je me suis mise à sculpter avec tout ce qui me tombait sous la main. J'ai toujours eu cette envie de créer.

Quand avez-vous commencé à sculpter des pièces de Tintin ?
A la mort d'Hergé, c'était comme si je voulais l'empêcher de mourir. Pour beaucoup, ce personnage de bande dessinée était comme un petit frère. J'ai donc fait Tintin en position de yoga, spontanément, sans demander l'autorisation à qui que ce soit. C'est seulement après que j'ai découvert la complexité des autorisations à obtenir des propriétaires de la marque. Heureusement, ça leur a bien plu.

Pensiez-vous n'en faire qu'une œuvre éphémère ?
Oui c'était juste un hommage. En 1983, les produits dérivés n'existaient pas. Je n'avais pas du tout pensé à en faire quelque chose de commercial. Mais comme on m'a demandé de poursuivre, j'ai commencé à décliner les différents personnages de Tintin. Avec Eric nous avons monté une équipe et l'aventure était née.

Aviez-vous imaginé un tel succès ?
Non pas du tout, même si inconsciemment, je sentais que je réalisais quelque chose d'important. Devant le succès remporté par la thématique Tintin, nous avons continué à décliner les nombreux héros de notre enfance, Astérix, Bécassine, Spirou...

Comment travaillez-vous ?
Tout d'abord, je m'imprègne du personnage en lisant l'œuvre de son auteur. Je ne fais jamais de dessin. Avec mes doigts, je commence par faire une esquisse en pâte à modeler ou parfois en terre. Puis après je passe à la résine et je peaufine les courbes, les détails. J'aime faire revivre un personnage de bande dessinée sous mes doigts, chercher comment il vit dans le cœur de chacun. Ensuite on fait un moule, on coule la sculpture, on la peint au pistolet ou au pinceau et on finit par l'assemblage. Je créé toujours au milieu de mon équipe, dans l'atelier. C'est important à mes yeux que chacun voit ce qui se passe, ressente le même enthousiasme pour une nouvelle création.

Quand avez-vous décidé de vous lancer dans les objets de décoration ?
Pour fêter nos 20 ans, j'ai créé une ligne d'objets (tables, pouf, lampes...) au design très épuré baptisée B.A-ba. J'aime beaucoup toute l'émotion qui se dégage de la sculpture, la tendresse, l'amour. C'est très sensuel. Avec la déco, j'utilise comme à mes débuts de nombreux matériaux.


Cerise sur le gâteau, vous avez été choisie pour sculpter le trophée du Festival de la BD d'Angoulême.
Oui, j'ai été très émue par cette demande. Je dois sculpter le Fauve, le chat dessiné par Lewis Trondheim. Il a gagné l'année dernière et présidera le jury de cette 34e édition. Cette statuette va d'ailleurs devenir le trophée du festival pour les prochaines années.

 
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