L'apparition de la maladie
Isabelle a 39 ans. C'est à 16 ans qu'elle voit apparaître sa première plaque de psoriasis derrière la tête, près de la nuque. Mais elle ne connaît pas encore le nom de cette maladie de peau, son médecin pas plus qu'elle. Dans un premier temps elle ne s'inquiète pas trop, même si elle est d'une nature anxieuse. Mais à 18-19 ans, du jour au lendemain, d'impressionnantes plaques prolifèrent sur ses jambes et de plus petites dans le dos. Elle ne fait pas le rapprochement avec celle dans sa tête.
Dans les années 80 le psoriasis est encore une maladie méconnue, que beaucoup pensent contagieuse. Isabelle ne trouve pas d'interlocuteurs capables non seulement de la soigner correctement mais aussi de lui expliquer comment vivre le mieux possible avec.
L'enfermement
A l'approche de ses vingt ans, elle vit très mal cette disgrâce. " Je me suis renfermée sur moi-même. A la maison on n'en parlait pas. J'étais très complexée. Ca m'empêchait d'aller vers les autres. Je refusais de dormir chez une amie, de nager à la piscine de peur de montrer mon corps. "
Le psoriasis devient alors une espèce de carapace pour la jeune femme. Si bien qu'on lui prête un mauvais caractère, on l'accuse d'être bêcheuse. Ce qui l'arrange : les gens s'éloignent et elle n'est pas obligée d'expliquer sa maladie. Ce qu'elle n'est d'ailleurs pas capable de faire. Entre 20 et 30 ans elle vit quasiment recluse.
En parler plus facilement
Aujourd'hui, même si son quotidien n'est pas toujours évident, elle parvient à en parler avec ses collègues de bureau. " J'ai presque été surprise de voir qu'ils ne changeaient pas d'attitude quand je leur ai dit. Je pouvais donc être appréciée avec ma maladie de peau. Les différentes cures que j'ai faites m'ont beaucoup aidée. J'ai rencontré des gens comme moi et obtenu certaines réponses à mes questions. "
Sa vie de femme gâchée
En discutant avec Isabelle on comprend très rapidement que son psoriasis est un handicap. Sa vie intime est gâchée, elle est toujours célibataire à cause de cela. Elle éprouve beaucoup de difficultés à entretenir une relation avec un homme. C'est en fait d'elle qu'elle se méfie. " Je crois que je préfère fuir quand je sens qu'une relation peut s'installer. J'ai peur de ma réaction quand un homme découvrira mon corps, mes plaques. Peur de gérer ce quotidien entre un partenaire et les poussées récurrentes. Même si jamais un garçon n'a eu de réaction de dégoût à mon égard. Je finis par me cacher derrière mon psoriasis et m'interdire de vivre des choses tellement je suis mal dans ma peau. "
Pourtant pendant plus d'un an et demi Isabelle a vu son psoriasis disparaître. Elle a retrouvé le plaisir de mettre une robe courte, montrer ses genoux, ses bras. Hélas une contrariété a très rapidement fait réapparaître des plaques.
Merci à Michèle Corvest, directrice et fondatrice de l'Aplcp (association pour la lutte contre le psoriasis) qui regroupe 15 000 patients à travers la France.
www.aplcp.org
" Recette protéiné "