Franck, pilote de ligne

Article par Cyril-Claire COURNOYER , le 14/06/2006 à 10h53 , modifié le 14/06/2006 à 11h11 0 commentaire

Il y a des métiers qui font rêver. Pilote est l'un d'entre eux. Franck Chavanel nous raconte pourquoi il a choisi cette profession si particulière, et à quoi ressemble son quotidien.

Beaucoup de jeunes garçons rêvent de piloter des avions... c'était votre cas ?
Etrangement non, mon père était pilote mais je n'avais pas pensé suivre ses traces. C'est en commençant mon service militaire que j'ai voulu le faire dans l'aviation. Je n'ai pas été admis et ça m'a donné envie de persévérer !

Quelle formation doit-on suivre ?
Il y a trois possibilités. La première consiste d'entrer à l'ENAC (École nationale d'aviation civile) après maths sup. et maths spé. Environ 10 % des pilotes sont issus de cette école et entrent généralement chez Air France. Puis il y le biais de l'armée : on est pilote militaire et on peut le devenir dans le civil. Enfin, il y a la voie que j'ai suivie, qui est de commencer par une formation en aéroclub. On y apprend à piloter sur un petit avion privé, la qualification aux instruments, puis une formation de pilote de ligne théorique, qu'on suit d'ailleurs à l'ENAC sous forme d'UV (unités de valeur). Nous faisons aussi beaucoup de tests sur des simulateurs de vol.

Combien de temps prend la formation ?
Ça dépend de nos finances, car cela coûte extrêmement cher. Il faut compter environ 90 000 euros. Je travaillais parallèlement dans l'informatique, j'ai emprunté et suivi plusieurs congés individuels de formation. En tout, cela m'a pris 8 ans.

Vous souvenez-vous de votre premier vol avec des passagers ?
Oui, je me rappelle m'être retrouvé devant mon plateau repas et d'avoir pensé, en regardant le magnifique paysage, " Et bien ça y est, j'y suis ! "


Quelle est la principale qualité requise chez un pilote ?
La persévérance et l'assurance. Il faut être sûr de soi, ne jamais douter.

Avez-vous déjà eu peur ?
Pas vraiment. Il y a des vols plus stressants que d'autres, comme quand par exemple nous traversons un orage, mais je ne me suis jamais dit : " Ça va mal se finir. " De toute façon, j'ai l'impression qu'en cas de gros soucis, les pilotes ne pensent même pas à leur éventuelle disparition. Ils doivent être bien trop concentrés à régler le problème auquel ils font face.

Quelles sont les contraintes de ce métier ?
Les horaires, difficiles à conjuguer avec la vie de famille. Mais d'un autre côté, je dois travailler seulement une quinzaine de jours par mois, alors je suis quand même assez souvent à la maison. Puis c'est un métier fatiguant. Et nous avons chaque année des contrôles, notamment sur simulateur. Si on échoue, on peut être interdit de vol, et devoir suivre à nouveau le cours ! Il n'est jamais permis de baisser de régime. Depuis septembre 2001, tout est enregistré, les vols sont décortiqués. C'est un peu plus stressant. Ceci dit, je ne regrette pas une seconde mon choix !

Pourquoi ?
Je suis passionné par le vol. J'aime beaucoup voyager, mais c'est surtout voler qui me plaît. On éprouve une sensation formidable, vraiment unique.

Comment expliquez-vous la fascination qu'exerce cette profession ?
C'est peut-être dû à l'image que véhiculaient les pilotes dans les années 60, le mythe de l'aventurier, du capitaine au long cours... quand mon père partait, c'était pour 15 jours à l'époque. Il y avait un côté mystérieux, lointain... Maintenant, c'est tout de même un peu moins magique, quand je pars " longtemps " ce n'est que pour 4 jours !

 
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