Une femme à la tête du Chili

Article par AFP , le 16/01/2006 à 09h57 , modifié le 16/01/2006 à 10h02 0 commentaire

La candidate du centre-gauche Michelle Bachelet a remporté dimanche l'élection présidentielle au Chili. A 54 ans, cette mère de trois enfants, séparée et agnostique, devient la première femme d'Amérique latine élue à la tête d'un Etat au suffrage universel.

"Qui aurait pensé il y a 20 ans, dix ans, cinq ans même, que le Chili élirait une femme président ? (...) Merci de m'avoir invitée à vous mener dans ce voyage", a déclaré dimanche soir Michelle Bachelet à plusieurs milliers de partisans en liesse rassemblés devant son QG de campagne, dans le centre de Santiago.
Après dépouillement de 99% des bulletins de vote, la candidate du centre-gauche a obtenu 53,49% des voix et son adversaire de droite, l'entrepreneur milliardaire Sebastian Pinera, 46,5%. Ce dernier a reconnu sa défaite et félicité la nouvelle présidente, symbole de la "lutte de millions de femmes pour parvenir à la place qui leur revient". De fait, Michelle Bachelet est aussi devenue la première femme élue à la tête de l'Etat au suffrage universel, dans son pays et en Amérique du Sud.
Le président sortant, le socialiste Ricardo Lagos, a félicité sa dauphine par téléphone, estimant que sa "tâche sera difficile" et lui promettant tout son appui. "Tes capacités nous permettront d'avoir un grand gouvernement, une grande femme présidente", a-t-il déclaré. Elle l'a invité à un petit déjeuner de travail dès lundi et elle l'a fait acclamer par la foule de sympathisants venus la soutenir.


" Présidente des citoyens "
Pendant que les ténors de la Concertation démocratique, coalition de chrétiens-démocrates et socialistes au pouvoir depuis 16 ans, célébraient sa victoire devant les caméras de télévision, Alameda, l'avenue principale de Santiago, s'est rempli de manifestants et automobilistes exprimant leur joie à grands coups de klaxon. Devant ses supporters, la nouvelle chef d'Etat a évoqué la mémoire de son père, mort sous la dictature, en promettant une nouvelle étape de la vie politique chilienne comme "présidente des citoyens".
La peu conventionnelle "Michelle", agnostique dans un pays majoritairement catholique, mère célibataire qui a élevé seule trois enfants de deux pères différents, a annoncé dimanche qu'elle formerait un "gouvernement paritaire", composé pour moitié de femmes. Cette pédiatre de profession, fille d'un général d'aviation mort torturé par ses pairs peu après le coup d'Etat d'Augusto Pinochet, torturée elle aussi et exilée, symbolise la réconciliation du pays avec son passé.

Accent sur le social
Comme ministre de la Défense - première femme en Amérique latine - entre 2002 et 2004, elle avait su rapprocher la société civile de l'armée, ce qui lui a valu sa très grande popularité. La victoire de Michelle Bachelet consolide l'orientation "progressiste" du continent latino-américain mais elle est idéologiquement plus proche du président brésilien Lula que de l'indien aymara Evo Morales élu récemment en Bolivie ou du président vénézuélien Hugo Chavez.
Son programme prévoit une poursuite de l'ouverture aux investissements étrangers et la signature de traités de libre-échange, qui ont permis une croissance économique de 6% par an et le recul du chômage à 8%. Elle s'est engagée dimanche à mettre l'accent sur le "social", en améliorant système des retraites et éducation publique et en réduisant la pauvreté qui frappe encore 18% des 15,5 millions de Chiliens.

Photo : Michelle Bachelet remerciant ses supporters dimanche soir (dr)

 
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