Anne-Sophie Pic, 3 étoiles au Michelin

Article par Laurence BOURDOULEIX , le 21/02/2007 à 18h19 , modifié le 05/03/2008 à 12h41 0 commentaire

A 37 ans, Anne-Sophie Pic est à la tête du restaurant gastronomique familial à Valence. Elle vient de se voir décerner la prestigieuse troisième étoile du Guide Michelin, conservé pendant 23 ans par son père.

Espériez-vous recevoir cette étoile tant convoitée cette année ?
Pour être franche je m'y attendais. Depuis le mois de décembre des rumeurs circulaient. L'année dernière je faisais partie des espoirs, ce qui était déjà une satisfaction en soi. Mais comme j'avais accouché en octobre 2005 et que j'avais été moins présente, je savais que je ne l'aurais pas.

Que représente concrètement cette troisième étoile pour vous ?
C'est une joie extraordinaire qui récompense le travail de toute une équipe. J'avoue que si je ne l'avais pas eu cette année j'aurais été très déçue. Elle va m'apporter un peu de sérénité Quand on est une femme, autodidacte et issue d'une famille de grands cuisiniers, ce métier est un combat quotidien. Maintenant, je vais tourner une page. J'ai retrouvé la troisième étoile de mon père.

Votre père serait-il fier de vous ?
Oui, c'est sûr. C'est un ultime hommage à mon père qui a gardé ses trois étoiles pendant 23 ans, un record. Nous avons perdu la troisième peu de temps après sa mort. On s'est battu pour la récupérer. C'est la première fois que trois générations de cuisiniers obtiennent cette récompense. Cela me permet de parler du travail de mon père et de mon grand-père, qui étaient d'excellents cuisiniers. Mais à l'époque tout cela était moins médiatisé.

Peut-on dire que chez vous la cuisine, c'est génétique ?
Génétique ? Je ne sais pas. Ce que je sais, c'est qu'on aime avant tout bien manger dans ma famille, ce qui implique sans aucun doute qu'on aime aussi cuisiner.

Cette troisième étoile ne va-t-elle pas être source de pression supplémentaire ?
Non, je ne pense pas. Nous avons depuis toujours l'esprit de rigueur. Je vais essayer de vivre cela dans la sérénité et continuer à progresser comme je l'ai toujours fait. Je ne vais pas me reposer sur mes acquis. Je pense que cette troisième étoile va m'apporter une certaine maturité dans ma cuisine.

Y a-t-il une différence entre une la cuisine d'une femme chef et celle d'un homme chef ?
Je ne pense pas. La cuisine, c'est plus une question de perception et de sensibilité que d'homme ou de femme. La seule chose qui pourrait changer dans le futur est l'apprentissage des femmes chefs. Aujourd'hui autodidactes ou issues de familles de cuisiniers, les futures générations sortiront, elles, d'écoles spécialisées.

Est-ce difficile de concilier vie de famille et vie de chef ?
Il est certain que depuis la naissance de mon fils, j'ai changé mon rythme de vie. J'ai trouvé un équilibre. Avant, mon mari et moi étions entièrement dévoués à ce métier. Mais aujourd'hui, je n'ai pas envie que mon fils en pâtisse. Depuis quelques années mon mari a rejoint la société. C'est évidemment un plus considérable. On a le même rythme de travail, c'est plus simple à gérer au quotidien.

 
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