Journée de la Femme : pour l'égalité au travail

Article par , le 05/03/2009 à 17h37 , modifié le 05/03/2009 à 18h05 0 commentaire

En ce qui concerne l'égalité professionnelle hommes-femmes, il y a encore du boulot car les chances de réussite ne sont pas les mêmes. Une étude explique pourquoi les hommes et les femmes diplômés de MBA ne perçoivent pas les mêmes rémunérations.

En cette Journée de la Femme, on remarque toujours autant de différences entre les salaires et les statuts masculins et féminins. Bien que les disparités s'amenuisent en matière d'études commerciales, les femmes n'atteignent toujours pas assez vite les sommets du monde de l'entreprise et de la finance. Les recherches de Marianne Bertrand, Professeur d'économie à la Booth School of Business de l'Université de Chicago et de ses deux collègues de l'Université de Harvard révèlent pourquoi les femmes diplômées de MBA ne réussissent pas aussi bien sur le marché du travail que leurs homologues masculins.  

Qu'est-ce que la disparité hommes/femmes ?
Il existerait 3 raisons expliquant la disparité entre les sexes, en matière de rémunération : les différences de formations antérieures au MBA, les différences en termes d'interruption de carrière et les différences d'horaires hebdomadaires. 
L'étude révèle que ces phénomènes s'accentuent d'autant plus entre les hommes et les femmes ayant un niveau d'éducation élevé, dans les secteurs de l'entreprise et de la finance aux États-Unis. Les chercheurs ont étudié les carrières de diplômés de MBA d'une grande école de commerce américaine (la Graduate School of Business de l'Université de Chicago) entre 1990 et 2006 et la façon dont la dynamique des carrières diffère selon le sexe.  

Des rémunérations inégales
Au début de leur carrière, les hommes et les femmes diplômés de MBA touchent des salaires quasiment identiques. Cependant, ils ne tardent pas à diverger, les revenus annuels des hommes dépassant de 30 points celui des femmes 5 ans après l'obtention du MBA, et de près de 60 points entre 10 et 16 ans après le MBA.
La proportion des femmes diplômées de MBA ne travaillant pas du tout augmente également dans les dix ans qui suivent l'obtention du diplôme, soit 13 % des femmes neuf ans après le MBA contre 1 % des hommes.  
Par exemple, les femmes ont une moyenne générale de 3,25 contre 3,38 pour les hommes et suivent environ un demi-cours de moins en finance. Les femmes comptent plus d'interruptions de carrière et travaillent moins d'heures. Dix ans après l'obtention du MBA, l'expérience professionnelle réelle des hommes et des femmes diffèrent de six mois ; les femmes travaillent 52 heures par semaine, les hommes 58 heures.
La présence d'enfants entraîne également pour les femmes une expérience professionnelle moins intense, une carrière ponctuée d'interruptions et des horaires de travail moindres. Au cours des 15 premières années qui suivent le MBA, les femmes avec enfant ont un déficit d'environ huit mois d'expérience professionnelle réelle par rapport aux hommes, alors que les femmes sans enfant ont un déficit d'à peine un mois et demi. Les mères semblent choisir volontairement des emplois qui favorisent la vie familiale et éviter les emplois aux horaires très lourds, présentant de meilleures possibilités d'avancement de carrière. De nombreuses mères diplômées de MBA, en particulier celles ayant des conjoints aisés, ont décidé de ralentir leur rythme de travail quelques années après la naissance de leur premier enfant. Enfin, les femmes avec enfant effectuent généralement 24 % d'heures par semaine en moins que les hommes, en moyenne, alors que les femmes sans enfant travaillent seulement 3,3 % d'heures en moins.  

Un problème historique
Les postes dans les secteurs du commerce et de la finance ont bénéficié de rémunérations exceptionnellement élevées au cours des dernières années et ont attiré des talents divers. Ce mouvement de talents sur les trente dernières années est visible dans les choix de carrière des diplômés des meilleures institutions de premier cycle.
Parmi les hommes qui ont obtenu leur MBA à l'Université de Harvard autour de 1970, 5 % occupaient des postes dans le secteur financier 15 ans plus tard, en 1985. Mais, parmi ceux diplômés autour de 1990, 15 % travaillaient dans le secteur de la finance 15 ans plus tard, en 2005. Si l'on considère l'ensemble des deux secteurs, de l'entreprise et de la finance, les pourcentages passent de 22,1 à 38,5 % pour ces deux groupes. L'augmentation pour les femmes est également forte : de 11,7 % à 22,5 %, bien que les niveaux soient moins importants que pour les hommes.

 
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