Réalisateur : Laurence Dunmore
Scénario : Stephen Jeffrey
Avec : Johnny Depp, Samantha Morton, John Malkovich, Kelly Reilly...
Habilement dérangeant
Le comte de Rochester est une star des années 1660. Pour ses coups d'éclat et ses mœurs dissolues, ses contemporains aiment le détester. Pour ses textes provocateurs et ses poèmes satiriques, il est régulièrement banni de la cour par le roi Charles II (qui l'apprécie tout de même en tant que conseiller, et le réintègre à chaque fois), voire condamné, mais admiré de ses pairs. Et ce dans toute l'Europe.
Jusqu'au-boutiste
Ses frasques assurent sa renommée pendant des années, mais le conduiront à sa perte. Car il n'hésite jamais à dépasser les limites. Ainsi, il n'a aucun scrupule à humilier le roi dans une pièce qu'il lui a commandée, avant de s'enfuir. Traqué, alcoolique, défiguré par la syphilis (Johnny Depp est d'ailleurs méconnaissable), amoureux d'une comédienne qui le rejette : les dernières années de sa vie le voit sombrer.
Second rôle
Si le scénario connaît plusieurs lenteurs, les personnages sont particulièrement prenants. D'abord, Rochester l'est pour tout ce qu'il a de gênant. Ensuite, une autre personnalité mérite qu'on s'y attarde : celle d'Elizabeth Barry (jouée par Samantha Morton). Apprentie comédienne, élève et maîtresse du comte, elle est dotée d'un caractère magistrale et d'un amour sans faille du théâtre qui lui permettront de se montrer plus forte que son amant... ce qui participera d'ailleurs à la chute de celui-ci.