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José Garcia dans Pars vite et reviens tard

Article par Benjamin SARAGAGLIA , le 17/01/2007 à 18h15 , modifié le 22/02/2008 à 12h29 0 commentaire

José Garcia a eu la lourde tâche d'incarner le commissaire Adamsberg, personnage mythique du polar français. Il s'en est admirablement bien tiré, et revient sur le tournage de "Pars vite et reviens tard". Casting de luxe et excellent travail de la part des scénaristes ont été nécessaires pour réussir cette adaptation du classique de Fred Vargas.

Le synopsis du film
Le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg n'aime pas le Printemps. Il se méfie des montées de sève, des désirs d'évasion, du déferlement des pulsions, tous ces signaux qui sonnent le retour des beaux jours...
Et il a raison Adamsberg... Sa fiancée, Camille, se fait la malle, et son absence coupe les ailes du commissaire, au moment où il en aurait le plus besoin : quelque chose vient de tomber sur la capitale, une énigme porteuse de malédiction, qui pourrait bien virer au malheur, si on ne la résout pas fissa... D'étranges signaux se répandent sur les portes des immeubles de Paris, et des mots inquiétants, mystérieux, sont lâchés à la criée sur la place publique...
Et puis arrive ce qu'Adamsberg redoutait : un premier mort, le corps noirci, le visage figé dans une grimace de terreur, les signes de la peste... Et c'était ça qu'annonçait l'énigme, le retour du terrible fléau, mais avec une sacrée variante, il semble que quelqu'un contrôle la maladie et la porte où il veut...

José Garcia revient sur son interprétation.

Connaissiez-vous les romans de Fred Vargas lorsqu'on vous a proposé "Pars vite et reviens tard" ?
Pars vite et reviens tardJosé Garcia : Non. J'en avais bien sûr entendu parler mais je n'en avais lu aucun. Lorsque Régis m'a proposé "Pars vite et reviens tard", j'ai d'abord été accroché par le titre. Je ne comprenais pas sa signification, je le trouvais très intriguant, très séduisant. Dès que j'ai lu le scénario, j'ai adoré l'atmosphère qui s'en dégageait même s'il est évident que l'atmosphère, c'est justement l'une des choses les plus difficiles à transposer au cinéma. Ensuite, je trouvais l'histoire originale, singulière, avec ce petit côté ésotérique, cet univers presque baroque. Mais surtout, ce qu'il y avait de formidable, c'étaient les personnages. Et j'ai d'ailleurs retrouvé tout ça dans les romans de Fred Vargas lorsque je les ai lus.

Pour les fans de Fred Vargas, Adamsberg est un personnage culte. Est-ce que vous vous êtes senti une sorte de responsabilité vis-à-vis de ces lecteurs ?
José Garcia : Je sais que j'ai un poids énorme sur les épaules ! J'ai déjà joué dans des films qui étaient des adaptations de roman ("Les morsures de l'aube", de Tonino Benaquista, "Extension du domaine de la lutte" de Michel Houellebecq, "Le couperet" de Donald Westlake), mais jamais, je n'avais eu autant de réactions avant même le début du tournage ! Je n'arrêtais pas de croiser des gens qui me disaient : "Ah, c'est toi qui fais Adamsberg ?" Il y a juste le ton qui variait selon ceux qui posaient la question. Ça allait de l'étonnement à la satisfaction. Il y avaient aussi ceux que je sentais un peu jaloux - je les comprends ! - et ceux qui étaient heureux pour moi. En tout cas, j'ai bien senti la pression. Je sais donc que j'ai une grande responsabilité et, en même temps, je sais aussi que j'ai l'obligation absolue de ne pas m'accrocher à une idée littéraire sinon je suis mort ! Un film n'est pas un livre. Il faut que l'adaptation soit fidèle à l'esprit, mais sans jamais oublier les codes et les règles du cinéma - sinon on se perd, et on perd les spectateurs. Le cinéma, surtout un thriller comme celui-là, c'est forcément un compromis entre l'imagination d'un auteur et la réalité. Je devais aussi avoir le souci des gens qui ne connaissent pas Adamsberg et n'ont pas lu les romans de Vargas.

Vous avez la réputation de beaucoup travailler vos rôles. Quelle préparation précise avez-vous fait pour "Pars vite et reviens tard" ?
José Garcia : Déjà, pour me rapprocher au maximum d'Adamsberg, je me suis imprégné des livres dont il est le héros, et notamment "L'homme aux cercles bleus", où il apparaît pour la première fois... Et puis, ce qui était intéressant, toujours dans cette optique de coller à la réalité du cinéma et même à la réalité tout court, c'était de faire en sorte que, au-delà de l'aspect romanesque et de l'histoire, les gestes et les situations sonnent justes. C'est pour cela qu'on a rencontré les policiers de la brigade criminelle du commandant Baudot. On a vu comment ils travaillaient, comment ils intervenaient, ce qui était réglementaire, ce qui ne l'était pas. Jusque dans les détails. Comme le fait, par exemple, d'être tiré à quatre épingles et de porter une cravate : lorsqu'ils sont de permanence, ils peuvent être amenés dans la journée à aller voir le ministre ou un ambassadeur...

En quoi Michel Serrault est-il, selon vous, un bon Decambrais ?
José Garcia : Quand Adamsberg rencontre Decambrais, il voit un type qui a vécu, dont on sent les blessures et qui pourtant s'implique totalement dans cette affaire, et c'est ce qui le rend attachant. Et tout de suite, Decambrais lui plaît. C'est pareil avec Serrault. On sent qu'il a les mêmes blessures, la même fragilité. Ce même mélange de séduction, de détermination et de vulnérabilité...

Connaissiez-vous Marie Gillain ?
José Garcia : Non ! Elle est bonne camarade, vive, généreuse, talentueuse, agréable à jouer, à bosser, à vivre... Comme tous, sur ce tournage... Il y a aussi le jeune Nicolas Cazalé. Très beau môme, mais ne jouant absolument pas sur son physique. Il a des belles scènes d'intensité et d'émotion. Je crois que dans pas longtemps il va faire mal ! Et puis, bien sûr, il y a Olivier (Gourmet). J'ai été surpris de le voir aussi mince. Il n'a rien perdu bien sûr de sa force intérieure. Avec cette espèce de regard de loin, cette manière d'être toujours un peu renfrogné, il n'a qu'à ouvrir la bouche pour qu'il se passe quelque chose. Il est formidable. A un moment donné, il avait des problèmes d'emploi du temps, et on a vraiment prié, avec Régis, pour qu'on trouve des arrangements. Il n'y avait pas d'autre crieur possible. Et lui aussi, c'est un super camarade de jeu.

 

L'avis de Plurielles sur "Pars vite et reviens tard"

Affiche de Pars vite et reviens tardCommençons par les nombreuses qualités de l'écrivain Fred Vargas : érudite, ses idées sont originales, sa plume habile, elle sait manier le suspense avec constance et légèreté, et ses personnages sont uniques et bien dépeints. Adapter l'un de ses succès pouvait donc autant donner un grand film qu'un raté. Car il est des œuvres qu'il ne faut pas gâcher. Heureusement, le pari a été réussi.
Notamment grâce aux cinq scénaristes, dont Julien Rappeneau et Ariane Fert. Ces derniers ont dû faire des coupes douloureuses dans les passages les moins utiles (et, tout lecteur vous le dira, il n'y en avait pas beaucoup), mais ont su conserver toute la complexité et les mouvements de l'intrigue. De plus, le réalisateur Régis Wargnier est parvenu à recréer l'ambiance si particulière du livre, bien aidé par un casting de choix : José Garcia, Olivier Gourmet, Lucas Belvaux, entre autres...

Réalisation : Régis Wargnier
Scénario : Julien Rappeneau, Ariane Fert, Harriet Marin, Lawrence Shore, Régis Wargnier
Acteurs : Marie Gillain, José Garcia, Michel Serrault, Olivier Gourmet, Lucas Belvaux, Nicolas Cazalé, Linh Dan Pham
Sortie : le 24 janvier 2007

 
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