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Gaspard Ulliel incarne Jacquou le Croquant

Article par Benjamin Saragaglia , le 10/01/2007 à 12h13 , modifié le 22/02/2008 à 12h26 0 commentaire

Jacquou le Croquant arrive enfin sur nos écrans. Interview de Gaspard Ulliel, héros du film, et notre avis sur ce blockbuster de 2007.

Quand on vous a proposé le rôle de Jacquou le Croquant, aviez-vous déjà entendu parler du Gaspard le Croquantpersonnage ?
Gaspard Ulliel : J'avais entendu parler du feuilleton télé très vaguement par ma grand-mère. Et quand le projet m'a été proposé, mon agent m'a parlé de la série en me disant qu'elle adorait ! En revanche, autour de moi, les gens de ma génération ne connaissaient pas beaucoup. Avant le tournage, j'ai quand même acheté les DVD et j'en ai vu quelques épisodes. Juste pour avoir une idée.

Le fait qu'il y ait deux acteurs pour jouer le même personnage à des âges différents, est-ce que ça posait des problèmes de jeu particuliers ?
Gaspard Ulliel : On pouvait se dire qu'il était important que le plus jeune voit comment jouait le plus vieux, ou l'inverse, pour essayer de trouver une cohérence. Mais on n'avait pas assez de temps pour faire ça. C'est Léo qui a commencé parce qu'il y a eu un pré-tournage l'hiver. J'ai demandé à Laurent de me montrer des images mais... il n'aime pas tellement ça ! Et puis, après tout, c'est lui qui nous dirigeait tous les deux. Donc, c'était à lui de nous faire aller dans une direction cohérente. En même temps, je me souviens que lorsque j'ai vu les premières images de Jacquou enfant j'ai été frappé par l'énergie, et même l'exubérance de Léo. Je craignais de ne pas en apporter autant et puis, après, je me suis rassuré en me disant que Jacquou adulte avait forcément dû canaliser son énergie et se concentrer sur sa mission. En plus, la manière dont était écrit le personnage a imposé automatiquement certains mimétismes...

Avec le recul, quel était, d'après vous, votre meilleur atout pour incarner Jacquou ?
Gaspard Ulliel : Je ne sais pas ! Les costumes et le maquillage ! Ça a l'air d'être une plaisanterie, n'empêche que sur ce genre de film, ça aide beaucoup d'être derrière un lourd maquillage et de vrais costumes. Tout de suite, ça vous donne une autre dimension, ça vous emmène vers quelque chose de différent. Pendant les répétitions, par exemple, j'aimais bien avoir les sabots, parce que ça fait mal aux pieds, ça impose immédiatement une démarche différente...
Et puis, toutes ces scènes physiques aussi, ça endurcit, ça aide. Il ne faut pas hésiter à s'appuyer sur toutes ces cannes... D'autant que s'il y a quelque chose qui participe énormément à la réussite du film, c'est, en plus des décors de Christian Marti et de l'image d'Olivier Cocaul qui sont magnifiques, tout le travail de maquillage et des costumes de Didier Lavergne et Jean-Daniel Vuillermoz. Il faut quand même savoir que Laurent n'est pas quelqu'un de facile pour l'équipe maquillage - coiffure, ni même d'ailleurs pour l'équipe technique parce qu'il ne dit jamais vraiment ce qu'il va faire !
Sur les grosses scènes, il tournait avec deux ou trois caméras et il utilisait beaucoup le zoom si bien que personne ne savait vraiment ce qu'il était en train de filmer. Je voyais les maquilleurs et les habilleurs s'arracher les cheveux parce qu'il fallait que tout le monde soit parfait tout le temps, même les figurants, or tout le monde avait des postiches, des rajouts, des barbes, des moustaches, sans parler des vieillissements...

Jocelyn QuivrinQu'est-ce qui, selon vous, faisait de Jocelyn Quivrin un bon méchant, un bon comte de Nansac ? 
Gaspard Ulliel : Jocelyn m'a vraiment épaté sur le plateau. C'est quelqu'un de très précis, qui prépare énormément. Il a vraiment réussi à donner de l'étoffe au comte de Nansac. Il a installé dès le départ un personnage solide, massif. Et il a assumé le vieillissement du personnage de façon incroyable. Il a même modifié un peu sa voix... La première scène qu'on a tournée ensemble, ce n'était pas évident. Parce qu'on a commencé par l'attaque du château qui a lieu... à la fin du film ! Et qui est donc le moment où la haine de Jacquou pour Nansac atteint son apogée. Il y a vraiment un crescendo dans le film et nous, on a commencé par le face-à-face final entre le héros et le "méchant" ! Il fallait tout de suite être au maximum.

 

Vous disiez au début de cet entretien que cela avait été une belle expérience de travailler avec tous ces acteurs...
Gaspard Ulliel : Oui, c'était un vrai bonheur de travailler avec tous ces gens. Avec Jocelyn, avec Gérald (Thomassin), avec Malik (Zidi), qui sont des acteurs passionnants. Malik et Gérald avaient des rôles un peu moins importants et ils ont réussi à faire vraiment exister leurs personnages. Jouer avec Olivier (Gourmet) ou avec Tchéky (Karyo), c'est encore différent. Ils ont une autre expérience, ils ont une autre énergie, ils ont des caractères tellement forts, des natures d'acteur tellement différentes... Pareil avec Dora Doll. Selon qu'on joue avec l'un ou avec l'autre, on ne ressent pas, on ne vit pas les mêmes choses et ça, c'est étonnant !
Et puis, il y a tous les acteurs un peu moins connus qui sont formidables, Didier Becchetti qui joue l'âme damnée du Comte, Sissi Duparc, qui joue La Bertille, qui, même dans la vie, est un personnage exubérant, toujours à fond, Renan Carteaux, superbe en aristo un peu coincé. Avec Judith (Davis) et Bojana (Panic), c'était autre chose encore. Si le choix de Judith pour Lina était évident et lumineux, celui de Bojana pour la Galiote me faisait un peu peur, parce que c'est quand même un personnage important, et Bojana n'avait jamais joué, elle ne parlait pas français avant le tournage...
Mais elle est tellement le personnage physiquement, et puis, elle a su rendre le côté à la fois sombre, dur et sensuel de la Galiote. Elle apporte quelque chose d'étonnant... Franchement, je trouve qu'au niveau du casting, c'est un sans faute !


Notre avis sur Jacquou le Croquant : des personnages attachants joués par des acteurs Jacquou - Afficheséduisants, une histoire poignante et des décors réussis : une production époustouflante.

Ce film à grand spectacle est une véritable œuvre populaire. Car l'histoire de Jacquou le Croquant, c'est celle de l'éternelle lutte des faibles contre les forts, des petites gens contre les puissants. Ce jeune paysan (Léo Legrand lorsqu'il est enfant, puis Gaspard Ulliel), comme tous ceux de sa condition dans la France de 1815, est destiné à une vie de labeur entièrement dévolue au propriétaire foncier du coin, le comte de Nansac (Jocelyn Quivrin). Mais le sordide ne s'arrête pas là : son père est envoyé au bagne par le comte, et y décède, puis sa mère en meurt de chagrin.
Un scénario fort, donc, soutenu par un casting efficace : Gaspard Ulliel est parfait pour ce genre de rôle, rural et humain. Il en avait d'ailleurs fait les preuves dans "Un long dimanche de fiançailles", lorsqu'il incarnait le petit ami d'Audrey Tautou. Albert Dupontel, qui interprète son père, est l'archétype même du rebelle intègre, au même titre que la mère, Marie-Josée Croze.
Troisième point fort : la réalisation. Des couleurs aux décors, en passant par les costumes, Laurent Boutonnat s'est assuré d'en mettre plein les yeux aux spectateurs. Rappelons qu'il avait réalisé les très esthétiques clips de Mylène Farmer, "Libertine" et "Pourvu qu'elles soient douces".
Enfin, le film s'inspire d'une série télé de 1969, qui avait alors passionné la France.
Réalisation : Laurent Boutonnat
Acteurs : Léo Legrand, Gaspard Ulliel, Jocelyn Quivrin, Albert Dupontel, Marie-Josée Croze
Sortie : 17 janvier 2007

 
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