Dans un grand hôtel parisien, la chanteuse australienne désormais installée en France, Tina Arena, évoque la sortie de son dernier album en français, ''7 vies''. Ce nouvel opus est un mélange de ballades et de chansons au style pop-rock. A l'écoute, ce qui retient l'attention, ce sont les mélanges de styles musicaux présents sur le disque : guitares perses et chœurs sénégalais se mêlent aux sonorités asiatiques et à un chant corse entonné avec Jean-François Bernardini du groupe I Muvrini.
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| Copyright Jean-Luc Droux |
Ce que l'on remarque également, ce sont des textes engagés sur des problématiques actuelles et sociétales. Dans ce nouvel
album, certaines paroles, dans la lignée de ''Je m'appelle Bagdad '', dévoilent l'intérêt de
Tina Arena pour le monde en marche et la révèlent citoyenne concernée autant que femme amoureuse et mère de famille.
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Tina Arena, c'est aussi découvrir une femme drôle au franc-parler qui tranche avec l'image plus commune que peuvent renvoyer certaines de ses chansons. Spontanée et ouverte,
Tina Arena s'intéresse à son interlocuteur, pose des questions, entame une discussion sur la politique et le rôle des médias... Loin d'être une diva, cette femme est dans la vie.
Pouvez-vous nous présenter la genèse de votre nouvel album '' 7 vies'' ?C'est un disque qui est proche de moi. Je me suis vraiment impliquée à chaque étape : composition, production, réalisation... Je pense que cet
album me ressemble plus que le précédent. Pour l'autre disque j'étais enceinte, je n'ai pas pu m'investir autant car j'étais fatiguée et je ne pouvais pas trop travailler.
Certains textes évoquent la maternité et l'amour et d'un point de vue plus global, on vous sent concernée voire inquiète par ce qui se passe dans le monde. Est-ce la maternité qui vous a donné envie d'exprimer tout cela ? Ca a toujours été en moi, même si je n'ai pas eu l'occasion d'aborder ce type de sujets en français. Avec ''Entends-tu le monde ?'' c'est un peu plus évident : ''entends-tu le monde s'essouffler, te parler... ?''. J'ai toujours eu cette conscience mais la maternité m'a peut-être permis d'aborder des choses de manières différentes.
Notre réalité quotidienne, ce que nous envisageons pour l'avenir de nos enfants n'a rien à voir avec ce que nos mères ont connu. En quelque sorte, elles étaient plus naïves, nous ne le sommes pas. Il y a un côté extraordinaire de la vie d'aujourd'hui : rien n'est caché. En même temps, c'est un peu envahissant toute cette négativité à chaque fois que tu allumes ta télé ! Ceci dit, même si j'aborde des sujets ''hard'', l'espoir est là !
On vous sent concernée par le sort de la planète et par l'actualité internationale. On se souvient de la chanson ''Je m'appelle Bagdad'' qui a pu surprendre dans le contexte actuel...
C'est moi qui ai trouvé la chanson et l'ai proposé à ma maison de disque. C'est vrai qu'ils étaient hésitants.
Il y a eu des retombées négatives ?
Non pas vraiment, les réactions ont été plutôt positives. Ceci dit peu importe, j'ai besoin d'aborder des sujets comme ça ! Ce sont des thèmes qui me concernent. C'était le moment pour moi de les aborder et pas seulement de sortir un énième disque juste parce qu'il le fallait.
Votre album s'intitule ''7 vies'', qu'est-ce que cela signifie ? |
| Copyright Jean-Luc Droux |
Je crois qu'on a plusieurs vies dans une vie. On change tout le temps, on ne reste pas coincé à un stade précis... du moins je l'espère ! La fille que j'étais à 20 ans, c'était une personne. A 30 ans, c'était une autre. Et à 40 ans, j'ai encore changé. Il y a plein de choses que je n'accepte plus. Les gens vivent dans une bulle et ne se rendent pas compte de ce qu'il y a autour d'eux, ils ont perdu tout sens commun. J'ai moins de tolérance pour des choses comme l'impolitesse et le manque de civisme. Appelez-moi
old fashioned si vous voulez, cela ne me pose aucun problème !
Sur ce disque, on entend des chants sénégalais, des sonorités asiatiques, du tango, un duo avec un des chanteurs d'I Muvrini... c'était une envie forte ce mélange ?Je suis une grande voyageuse, je suis beaucoup allée en Asie notamment. J'ai également un beau-frère camerounais qui est musicien et qui m'a fait découvrir la musique africaine. J'aime la musique et j'ai toujours accordé de l'importance à la diversité musicale. J'écoute de la musique brésilienne, du jazz, du classique, de la musique africaine... C'est un voyage. Pour moi la musique devrait permettre aux gens de voyager et découvrir autre chose.
Voir le clip de Tina Arena "Entends-tu le monde ?" : cliquez-ici.
Le site officiel de Tina Arena : cliquez-ici.