Pourquoi avez-vous eu envie d'écrire ce livre ?
On parle beaucoup de transmission du savoir-faire, des biens, mais les valeurs familiales sont toutes aussi importantes, encore plus aujourd'hui avec les familles recomposées. Les enfants ont besoin de repères pour savoir d'où ils viennent et où ils vont. Cette transmission passe souvent par la mère, d'où ce livre.
Sur quels critères avez-vous sélectionné vos couples mères-filles ? Julie Andrieu et Nicole Courcel
Photo - Bruno Suet
Nous souhaitions rencontrer de vraies personnalités, des femmes qui avaient des choses à dire sur le sujet et surtout qui voulaient bien en parler, comme Hélène et Marina Carrère d'Encausse, très imprégnées par la culture russe. Nous avons peu de comédiennes dans le livre car en général, leurs enfants ont envie de couper cette filiation, de s'affirmer par eux-mêmes.
Avez-vous essuyé des refus ?
Oui quelques-uns, pour certaines femmes c'était un exercice trop intime. Pourtant nous avons bien insisté sur le fait qu'il n'y avait aucun voyeurisme caché derrière ce livre. Nous ne voulions pas de scoops ou de révélations, seulement des moments intimes partagés.
Comment se déroulaient les entretiens ?
Nous avons établi une espèce de charte. Elles devaient : accepter d'être obligatoirement ensemble, il n'était pas question de recueillir leurs propos séparément ; nous consacrer au minimum deux heures ; parler de leur enfance ; accepter de faire des photos et de nous confier des photos de famille. Et l'interview devait se dérouler chez l'une ou l'autre. Le fait qu'avec Béatrice nous soyons très complices a facilité les contacts et les échanges.
Quels souvenirs marquants gardez-vous de ces rencontres ? 
Stéphanie et Marie Fugain
Photo - Burno Suet
Il y a eu énormément de moments forts, émouvants, mais à la fois très drôles. Beaucoup de larmes aussi, avec Béatrice nous avons été plusieurs fois très émues. Nous avons choisi de ne pas mettre nos questions dans le livre pour que le lecteur ressente vraiment la discussion qui s'est instaurée entre une mère et une fille. Je crois que c'est avec Stéphanie et Marie Fugain que nous avons le plus ri. Mais tout cela était emprunt d'une très forte émotion, car elles ont bien évidemment évoqué de nombreuses fois le souvenir de Laurette, décédée d'une leucémie il y a quatre ans.