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Le pianiste jazz Baptiste Trotignon sort un nouvel album

Article par , le 10/03/2009 à 10h03 , modifié le 10/03/2009 à 18h03 0 commentaire

"Share", c'est le nom du nouvel opus du pianiste jazz Baptiste Trotignon, qui veut dire "partager". Interview de ce jeune pianiste français révélé en 2000.

Baptiste Trotignon est pianiste de jazz aux multiples talents. Révélé il y a neuf ans avec son premier album "Fluide", il s'affirme comme l'un des pianistes les plus complets de la nouvelle génération. Il a commencé le piano à l'âge de 5 ans, grâce à son père, pianiste amateur, fan de musique classique et de pop des années 70. Ce n'est que bien après, à l'adolescence, qu'il a commencé à aimer le son afro-américain, qu'il a eu envie d'apprendre. Aujourd'hui, Baptiste Trotignon est en tournée dans toute la France.

Son dernier album, "Share", a été enregistré à New York l'an dernier avec un nouveau groupe composé de musiciens américains aux noms prestigieux, de Matt Penman à la contrebasse à Eric Harland et Otis Brown III à la batterie. Des jazzmen de renom qui font de cet album aux multiples facettes un moment de pure mélodie.

Le jazz est une musique très communicative, alors pourquoi n'y-a-t-il pas plus de production live ?  

Peut-être justement parce-que le type de vibration que reçoit le public lors d'un concert,l'émotion "communiquée" donc, est propre à la présence physique des musiciens. Cette présence et la musique qui est jouée sur l'instant est éphèmère par définition, vous ne ré-entendrez jamais exactement la même chose. Difficile donc d'appréhender cette même sensation chez soi à l'écoute d'un disque. Un album studio est censé donner une image aboutie d'une démarche artistique à un moment donné, ce n'est pas le même type de plaisir que le live.

Que pensez-vous des clubs de jazz français ? Y a-t-il  un lieu qui vous touche par son acoustique, son accueil, son public ?

Je ne joue plus en club en France depuis quelques années, à part dans Paris, donc pour parler de ceux-là, ce que je peux dire c'est que j'y apprécie le fait de retrouver une réelle proximité avec le public. Il y a là une sorte de chaleur communicative qui est très simple et très vraie. Et puis le club est aussi cet endroit vital où on essaie beaucoup de choses dans la musique qu'on essaie pas forcément sur des scènes plus grosses, c'est un peu comme un lieu d'expérimentations que j'ai toujours aimé.

Comment réagissez-vous devant tous les mariages que subit le jazz (electro, funk...).

Dans la musique, c'est comme en cuisine, vous pouvez mélanger tous les ingrédients que vous voulez, après c'est le goût et le talent du "cuisiner-musicien" qui fera que le résultat est bon ou juste superficiellement novateur... Et le goût , c'est souvent subjectif ! Ce qui est sûr, c'est que tout bon cuisiner se doit de bien connaître ses ingrédients avant de vouloir se lancer dans des expériences ; en musique c'est pareil. Donc oui bien sûr l'électricité n'empêche aucunement de faire de la bonne musique, tout dépend des ingrédients que le musicien y met ! 

Comment ressentez-vous la nouvelle vague de pianistes (comme Yaron Herman), vous apporte-elle des idées ?

En arrivant à Paris il y a presque 15 ans j'allais beaucoup écouter des pianistes comme Michel Graillier ou Alain Jean-Marie... Là j'entends un vrai chant intérieur, sans effets ostentatoires et avec une réelle richesse de langage. Aux Etats-Unis, à part Brad Mehldau dont on parle beaucoup, des pianistes comme Fred Hersch ou Kevin Hays font des choses magnifiques aussi.

Jouez-vous encore de la musique classique ? Avez-vous un compositeur de prédilection ?

Oui bien sûr. C'est à travers les textes classiques pour piano que j'ai appris la musique et que je continue de l'apprendre. Le travail du son, du phrasé, de la respiration, du placement... Sans compter tout le matériau mélodique et harmonique qu'on peut y trouver pour nourrir l'improvisation. Citer un seul compositeur est impossible .... En vrac je peux citer parmi mes préférés Bach, Rameau, Schubert, Chopin, Haydn, Mahler, Bartok, Prokofiev, Chostakovitch, Ravel, Messiaen...

Baptiste Trotignon est en concert au New Morning à Paris le 10 mars à 20h30. Tarif : 22 €.
Plus d'infos sur www.baptistetrotignon.com

 
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