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Faire bien comme Fersen

Article par Cyril COURNOYER , le 27/12/2007 à 13h04 , modifié le 08/01/2008 à 15h03 0 commentaire

Thomas Fersen n'est pas un chanteur comme les autres. Non seulement sur scène, il donne sans compter, mais quand on lui demande une interview, c'est la porte de sa maison qu'il nous ouvre. Rencontre avec cet artiste incontournable qui vient de sortir " Gratte-moi la puce " une compilation de ses plus grands succès repris à 2 ukulélés. Le résultat ? La plus belle surprise de l'année.


Vous venez de sortir une compilation de vingt de vos chansons jouées avec deux ukulélés. Comment vous est venue cette idée ?
Thomas Fersen - Je jouais déjà de l’ukulélé pour me chauffer la voix, et quelquefois sur scène. L’idée de faire un disque est venue l’an dernier, quand nous avons eu envie, mon guitariste Pierre Sangra et moi, de faire un spectacle juste tous les deux. Artistiquement, la compilation n’a pas de justification, j’avais donc envie d’ajouter une valeur à ce projet en ré-enregistrant des chansons avec ces 2 instruments.

Le choix des chansons a-t-il été difficile à faire ?
Thomas Fersen - On voulait reprendre des chansons du répertoire qu’on ne faisait plus depuis longtemps, comme « les papillons » ou « le bal des oiseaux. » Puis il fallait aussi que ça marche, car il y a certaines chansons qu’on a essayées de monter avec ces 2 instruments et qui ne fonctionnaient pas, on s’ennuyait.

Qu’avez-vous ressenti après vous être replongé dans toutes vos chansons, de la nostalgie, de la fierté ?
Thomas Fersen - Oh non, d’abord je ne me retourne pas tellement vers le passé et puis surtout, j’essaie de faire mieux à chaque fois ! Ce serait plutôt de la gêne que je pourrais ressentir à chanter mes anciennes chansons. Les textes séduisaient par leur fraîcheur, mais il y a des choses que je ne referais plus ou qui m’intéressent moins.

Etes-vous conscient que de nombreux jeunes chanteurs, vous citent comme modèle ?
Thomas Fersen - J’ai une théorie là-dessus, c’est la roue qui tourne, le temps qui passe, et petit à petit, il y a des gens qui sont venus me voir en concert quand ils étaient jeunes et certains font des disques à leur tour.

C’est très humble comme théorie, vous serez encore là dans 30 ans !

Thomas Fersen - (Rires) Moi je ne sais pas si j’ai envie d’être là dans 30 ans !

Et vous, avez-vous eu des modèles ?
Thomas Fersen - J’ai toujours aimé les créateurs de personnages, comme Tati a créé le sien ou des grands classiques comme Charlot, Buster Keaton… J’aime la création d’une espèce de personnage à travers lequel on peut raconter beaucoup de soi et en même temps l’augmenter, mentir un peu, y glisser de l’authenticité…

C'est le Thomas Fersen de la scène dont vous parlez là !
Thomas Fersen - Exactement, c’est mon nom aussi.

« Thomas » comme le footballeur Thomas Boyd, et « Fersen » comme l'amant de Marie- Antoinette… n’est-ce pas un choix un peu bipolaire de marier le foot au romantisme ?
Thomas Fersen - Je trouve que Thomas est aussi romantique dans le sens artistique du terme, et c’est aussi le prénom de Thomas Mann. Quand je me suis baptisé Thomas en 1986, c’est un prénom que l’on n’entendait pas.

Votre univers artistique conjugue souvent l’humour à des thèmes beaucoup plus sombres.
Thomas Fersen - C’est un trait familial. J’ai grandi avec cet esprit : avoir toujours cette espèce de dérision face aux évènements. C’est assez vital finalement. Je trouvais extraordinaires qu’il y ait des blagues qui circulent très vite à propos du 11 septembre, c’est le bon côté de l’humanité, ça fait plaisir. S’adapter et garder son quant-à-soi et son humour, c’est important parce que c’est la maîtrise de sa conscience.

Vous venez d’ailleurs de sortir « un poil dans la choucroute » un livre qui reflète parfaitement votre démarche artistique et nous livre plusieurs anecdotes sur vous et vos créations…
Thomas Fersen - Oui, je ne voulais d’un livre autobiographique si ce n’est pour éclairer certaines parties de mes chansons, Pour la première fois, j’ai eu le goût d’écrire autre chose et j’ai eu du plaisir à expliquer, à raconter notamment mon travail avec Mondino parce que j’ai fait beaucoup de pochettes avec lui. Puis j’ai mis quelques-uns de mes manuscrits. En général j’écris sur papiers A4 que je jette ensuite, mais j’ai conservé quelques carnets, notamment ceux que j’avais utilisés lors d’une tournée au Québec en 2000. D’ailleurs, on voit bien que l’écriture est déformée par les chaos des routes de Gaspésie, dus au froid et aux camions !

À propos du Québec, vous avez commencé à y travailler là-bas votre prochain disque?
Thomas Fersen - Oui, mon prochain album est déjà en grande partie enregistré, j’ai travaillé avec Fred Fortin, un chanteur québécois que j’aimais depuis longtemps. On s’est finalement rencontrés en mars 2007. Il savait que j’aimais ses disques, j’en parlais à son entourage. Travailler avec lui c’est une sorte de rêve pour moi. Et j’ai l’impression que ce plaisir est partagé. La sortie de ce disque est prévue à l’automne prochain.

Et d’ici là ?

Thomas Fersen - D’ici là, je continue jusqu’en juin ma tournée avec Pierre Sangra et nos ukulélés !

Thomas Fersen « Gratte-moi la puce », Tôt ou Tard
www.totoutard.com

Un poil dans la choucroute, Thomas Fersen, aux éditions Textuel

 
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