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L'Eldorado de Stephan Eicher

Article par Karin DANJAUME , le 12/04/2007 à 16h18 , modifié le 27/03/2008 à 20h57 0 commentaire

Le chanteur suisse sort ces jours-ci un nouvel album. Entre plaisir de créer et désir de ne pas ennuyer, il nous en raconte la genèse.

Stephan Eicher est un homme bien élevé et distingué. Voilà ce qu'on se dit après avoir passé un moment avec lui. On est loin de l'image de l'artiste nomade et insaisissable qu'il promène depuis des années. Nous avons rencontré le chanteur helvète dans un hôtel parisien. Il nous parle de son nouvel album Eldorado.

S'il semble, cette fois, avoir posé ses valises, la tentation du voyage n'est jamais très loin. Pour cet opus, il concède avoir effectué une envolée vers l'Amérique où il n'était pas retourné depuis une dizaine d'années. "Je cherchais l'eldorado. Je l'ai vu et j'en suis revenu : c'était plus petit que je l'imaginais et assez décevant. Je n'ai aucune envie d'y retourner." Une déception qui a quand même donné naissance à onze chansons.

Onze pépites précieuses et tranquilles sur lesquelles il chante d'une voix adoucie. Les textes se déploient sur des airs folk, électro-pop ou jazzy. On y trouve même des trompettes mexicaines. Du coup, explique-t-il, "c'est une sorte d'Amérique envahie par de jolies choses."

Des textes de Raphaël et Mickaël Furlon 

Stephan Eicher, nouvel album Eldorado
Copyright Jean-Baptiste Mondino
"Le vrai point de départ de ce disque est le plaisir infantile de se mettre dans un coin pour jouer des notes et créer une mélodie. Ensuite, la joie de savoir que dehors, il y a des musiciens et des auteurs qui veulent participer à cette aventure. De temps en temps, il faut savoir se souvenir de tout cela." Parmi les heureux participants, on retrouve notamment le fidèle Philippe Djian. L'écrivain-parolier a composé sa première musique avec Pas déplu.

On trouve également Raphaël, auteur et compositeur du titre Rendez-vous. "J'aime bien ce garçon. Il est bien éduqué, il est cultivé (rires) et c'est un bon musicien. On s'est croisé et on s'est fait écouter nos morceaux. On fait un peu de troc, je serai peut-être présent sur son prochain disque". Mickaël Furlon de Mickey 3D est aussi de la partie (Dimanche en décembre). "Un jour j'ai reçu froidement un mail avec un mp3 dont le titre était Chanson pour Eicher. J'ai adoré le texte. Je sais que ces artistes ont écouté ma musique en grandissant. Ca s'entend peut-être un peu."

Un disque qui ne gêne pas

On le trouve presque inquiet de faire découvrir cet album. En tout cas, animé par le désir de ne pas décevoir. "Mon rêve était de faire un disque qui ne gêne pas. Je voulais que lorsque les gens l'écoutent, ils se disent C'est Eicher ça ? Il a quel âge déjà ? C'est pas mal...". Il évoque soudain son âge, cela semble important. Coquetterie ? Anxiété ? "Les types qui font des carrières un peu longues, entre 40 et 50 ans, sont tous un peu bizarres et chiants. Je ne voudrais pas tomber dans ce piège".

Peu de risque car l'artiste sait se renouveler. Cet album explore d'autres routes que le précédent, Taxi Europa. "C'est normal. Entre deux albums, il se passe facilement trois ans donc on cherche, on évolue, on apprend... Il faut aussi donner au public la chance de détester quelque chose ou de l'adorer. En tout cas d'avoir une opinion."

On parle du temps qui passe et on remonte le fil de sa carrière. "Les choses qui marquent le plus sont-elles les meilleures ? Ce n'est pas sûr... Ceci dit je préfère que les gens se souviennent d'au moins une ou deux chansons que de rien du tout (rires)".

 
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