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Spécial dents blanches : Pour ou contre les bars à sourire ?

Article par , le 12/01/2012 à 17h21 , modifié le 30/05/2013 à 16h28 0 commentaire

Vous rêvez du sourire de Tom Cruise ou de Megan Fox ? Vous hésitez à franchir le pas d'un des bars à sourire qui se sont multipliés récemment dans les grandes villes ? Enquête autour d'un phénomène contesté.

Depuis quelques mois, un nouveau genre de bar a vu le jour dans les grandes villes : après les bars à ongles, les bars à chignon, les bars à sourcil, place aux bars à sourire... Et si ces bars ont su séduire une clientèle désireuse d'obtenir en 30 minutes un sourire éclatant, les dentistes rient jaune. Enquête autour d'un business de la beauté contesté.

Les bars à sourire, qu'est ce que c'est ?
Magic Smile, Point Sourire... Autant de nouvelles enseignes qui se sont multipliées dans les rues des grandes villes depuis moins d'un an. Leur promesse ? Vous rendre les dents plus blanches, faire briller votre sourire en seulement 30 minutes et pour 30 euros environ (à peine le coût d'un kit de blanchiment à domicile acheté en pharmacie). A ce tarif là, et accessibles à tous, sans rendez-vous, ni passage devant une blouse blanche, les bars à sourire n'ont pas tardé à se multiplier et les clients à se presser. Pourtant les dentistes ont vite fait de tirer la sonnette d'alarme contre ces techniques qui ne sont pas sans risque.

Bar à sourire

Est-ce dangereux ?
En cause, le péroxyde d'hydrogène, le produit blanchissant, si puissant qu'il peut causer des dommages irréversibles sur les gencives, expliquent les dentistes. Car si la loi interdit aux bars à sourire d'utiliser des produits dosés à plus de 0,01 % de peroxyde, certains bars et kits de blanchiment vendus en pharmacie n'hésitent pas à surdoser leurs produits.
Réaction corporatiste des dentistes ou question de santé publique, le débat est ouvert et l'opposition frontale...

 

L'argument des dentistes
- Un risque pour le patient : si vous désirez faire un blanchiment chez le dentiste, celui-ci fera l'état des lieux de votre bouche lors d'un premier rendez-vous, procédera à un petit détartrage afin d'enlever la plaque et s'assurera qu'il n'y a pas de risque (lié à des caries) etc. Or dans un bar à sourire, pas question de médecin mais un employé à peine formé à l'utilisation du kit blancheur.
- Un résultat éphémère : pour peu que les bars respectent les doses légales (peroxyde  à 0,01) le résultat sera décevant. En effet les dentistes utilisent en cabinet undosage nettement plus important (à 6% environ)
- Une affaire de santé : le blanchiment est un acte médical qui doit se faire en cabinet, sous surveillance. Ce traitement n'est pas anodin et peut fragiliser l'émail. Le risque étant la dévitalisation de la dent.

La réponse des bars à sourire
Avec une chute de 50% de leur CA depuis le début de la polémique, les bars à sourire entendent répondre aux dentistes en expliquant que leurs produits, qui respectent les dosages autorisés par la loi, ne sont pas nocifs et en arguant que les dentistes tiennent avant tout à protéger un monopole et un business florissant. En effet, un blanchiement chez le dentiste sera facturé en 500 à 1000 euros selon le cabinet mais durera en moyenne 2 ans contre 1 mois chez un bar à sourire.

Les arguments de Point Sourire

Point Sourire, explique pourquoi la nouvelle directive européenne 2011/84/UE sur le blanchiment dentaire vise beaucoup plus les dentistes que les bars à Sourire.
Ces dernières semaines, l'ONCD a passablement tapé sur les « Bars à Sourire » à travers la presse laissant penser que la nouvelle directive européenne 2011/84/UE était destinée à mieux encadrer cette nouvelle activité. La vérité est ailleurs ...
En effet, suite à la réunion organisée par l'Afssaps le 8 décembre 2011 et réunissant l'ensemble des fabricants de produits de blanchiments dentaires actifs en France, il apparaît que la directive n'est absolument pas arrivée avec la naissance des « Bars à Sourire » mais provient d'une inquiétude ayant été soulevée par les états membres de l'union européenne au début des années 2000.
Cette inquiétude a généré des études très approfondies réalisées par le comité scientifique européen des produits de consommations en 2005 et en 2007 qui ont toutes 2 abouties aux mêmes résultats :
1. Les produits contenants ou libérant moins de 0,1% de peroxyde d'hydrogène ne présentent aucun danger. (produits utilisés dans les « Bars à Sourire »)
2. Les produits contenants ou libérant entre 0,1% et 6% de peroxyde d'hydrogène peuvent être considérés comme sûrs si un examen clinique approprié est effectué afin de garantir l'absence de risque. (produits vendus en vente libre en pharmacie depuis 25 ans)
3. Les produits contenants ou libérant plus de 6% de peroxyde d'hydrogène sont considérés comme trop dangereux pour la santé par rapport au bénéfice que les patients pourraient en tirer. (produits utilisés par les dentistes depuis 120 ans)
Cela étant dit, l'Afssaps a informé les fabricants que les dentistes ne pourront plus traiter les blanchiments dentaires à visée purement esthétique avec des produits concentrés en peroxyde d'hydrogène au-delà de 6%.
Cette nouvelle réglementation protègera la santé des patients qui subissent des blanchiments dentaires par des concentrations de peroxyde d'hydrogène extrêmement élevées et donc dangereuses depuis la découverte de cette technique il y a 120 ans par le Dr Harlan. Dans les années 80, les dentistes utilisaient encore du peroxyde d'hydrogène concentré à 70%. De nos jours la moyenne se situe entre 30% et 40%. Plus d'un siècle après sa découverte, cette technique est enfin encadrée par une directive européenne visant à protéger le patient en limitant à 6% la concentration autorisée.
Point Sourire approuve donc la position de l'Afssaps et son dernier communiqué de Presse et rappelle que l'ensemble de ces 25 salons en France n'utilisent que des produits autorisés par l'union européenne soit 0,16% de perborate de sodium < 0,1% d'acide borique et < 0,1% de peroxyde d'hydrogène.
Point Sourire créera prochainement la « Fédération Française des Bars à Sourire » et appelle tout le secteur d'activité à se rassembler pour encadrer, former et informer cette nouvelle profession car contrairement à ce que l'ONCD tente de faire par son acharnement médiatique, tous les « Bars à Sourire » ont un droit légal d'entreprendre. Toute entrave illégale à ce droit sera poursuivi et condamné !

 

 
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