Tous les spécialistes s'accordent à le dire : ce sont les odeurs animales qui créent le plus d'attraction et d'addiction dans un parfum. Seulement, aujourd'hui, ces matières ne sont presque plus utilisées et certaines sont même interdites.
" Au Moyen-âge, raconte Annick Le Guérer, les alchimistes concoctaient des parfums aphrodisiaques en mêlant des substances végétales comme l'aloès, le camphre, à des produits de nature animale comme le musc, l'ambre et la civette. Ils mettaient même des produits humains comme du sang de femme (menstruations), ou de l'urine. "
On imagine aisément la réaction de nos contemporains s'ils lisaient ce type de formulation sur leur parfum !
Toutes ces matières animales - ambre, musc, civette et castoréum - mélangées à des produits végétaux, donnaient des parfums très attractifs.
La recherche du sex-appeal, la quête du graal en parfumerie
Depuis plusieurs années, les lobbies écologistes ou de protection des animaux ont fait disparaître ces matières des parfums, au profit d'équivalents synthétiques.
Pourtant, la recherche du sex-appeal en parfumerie est toujours d'actualité. " Les odeurs humaines, au même titre que les odeurs animales, ont un fort pouvoir d'attraction, développe la spécialiste. On raconte ainsi qu'Henri IV aurait eu un coup de foudre olfactif en sentant l'odeur de sueur sur la chemise de Gabrielle d'Estrées ! "
On ne peut s'empêcher de penser au Parfum de Süskind et à cette quête d'odeur de peau de femme, la quête du graal en parfumerie !
Mais les odeurs animales ne sont pas les seules à provoquer une addiction. Les parfums à fort sillage, les orientaux notamment, possèdent une réputation plus addictive que les parfums légers, marins ou floraux. Ils sont dotés d'un effet de capture plus important. Certaines fleurs comme le patchouli et la tubéreuse, ont une réputation très sensuelle.
" Aujourd'hui, conclut Annick Le Guérer, les compositions n'ont plus rien à voir avec les élixirs aphrodisiaques d'antan, mais on trouve de très beaux parfums à sillage comme Carnal Flower de Dominique Ropion chez Frédéric Malle autour de la tubéreuse ou Bornéo de Serge Lutens. "
A lire :
Le Parfum des origines à nos jours et Les Pouvoirs de l'odeur d'Annick Le Guérer, aux éditions Odile Jacob.
