Dossier pédicure : soins des pieds et petits bobos, une podologue nous en parle

Article par Aurore Dubois-Séac'h , le 04/01/2010 à 18h58 , modifié le 04/01/2010 à 19h20 0 commentaire

La pédicure-podologue Audrey Leclercq nous explique les bons gestes pour soigner nos petits petons : bien laver, sécher et hydrater !

Quels sont les gestes quotidiens à réaliser pour prendre soin de ses pieds ?
Audrey Leclercq : Les hydrater avec une crème spécifique pour les pieds, parce que les pieds ont une peau beaucoup plus épaisse que le reste du corps, donc si vous mettez un lait hydratant simple cela n'aura pas énormément d'efficacité, même s'il vaut mieux tous les jours un lait hydratant qu'une fois par mois une crème pour les pieds. L'idéal reste une crème pour les pieds.
Après, il y a quelque chose qui paraît simple, mais l'expérience que j'ai me montre que les gens ne le font pas : se laver les pieds !
Il y a des petits gestes également. Par exemple, quand on se coupe les ongles, il ne faut pas essayer d'aller dans les coins. A la limite, vous pouvez les arrondir avec une lime, mais surtout ne jamais tirer dans les coins le petit bout d'ongle qui reste.
Eviter aussi tout ce qui est râpe, parce qu'en réalité c'est le frottement qui fait qu'on a de la corne, puisque les cellules de la peau réagissent pour protéger le pied. Si vous frottez, ça sera plus lisse sur le moment, mais cela va aussi stimuler les cellules qui vont fabriquer la kératose ou corne.
 
Quels sont les "bobos" que vous soignez le plus souvent ?
A. L. : Il y a tous les problèmes de cors. Un cor c'est un frottement qui est localisé et qui forme cette couche de kératine, la kératose. Il se forme alors un petit noyau dur, de peau morte, très douloureux. Les gens viennent aussi pour les ongles incarnés, pour tous les problèmes de cornes quel qu'ils soient, donc les talons qui ont des callosités, les durillons sous les pieds. La différence, entre un cor et un durillon, c'est qu'un cor a un noyau et qu'un durillon n'en a pas. Et ce que l'on appelle callosité, c'est la corne du talon. Ce sont les problèmes les plus courants.
 
Et qu'appelle-t-on oignon ?
A. L. : Ce que les gens appellent vulgairement oignon, c'est l'Hallux Valgus, une déformation essentiellement féminine du premier orteil ou premier rayon. C'est une déformation douloureuse qui fait que l'on a une espèce de boule au niveau de l'articulation entre le métatarse et l'orteil. Le meilleur traitement, en préventif, ce sont les semelles orthopédiques. Pris plus tardivement, il faut passer par une orthoplastie, voire de la chirurgie. Par ailleurs, la chaussure n'est pas la cause de l'Hallux Valgus, mais le port de talon peut entraîner des douleurs.
 
Le port de talon entraîne quels autres types de douleurs ?
A. L. : Cela entraîne souvent les métatarsalgies, donc toutes les douleurs de l'avant-pied, puisque l'on a une zone d'appui quand on porte des talons qui est moins importante. Cela entraîne notamment des durillons, en arrière des orteils.

Quelle est la hauteur de talon idéale ?
A. L. : Ce que l'on appelle le talon bottier, c'est le talon parfait, c'est 3 à 4 cm. Des chaussures tout à fait plates, ce n'est pas bon, parce que l'on tire trop sur les ligaments. Et un talon trop haut, ce n'est pas bon car on tire trop sur l'avant pied. Les deux ne sont pas bons pour le dos. Après, il y a des femmes qui s'en sortent très bien avec des hauts talons, qui n'auront jamais de problème. Cela dépend aussi de l'anatomie de chacun. Mais c'est vrai qu'au-delà de 6-7cm de talon, on inflige des douleurs aux pieds inévitablement. Des femmes sont également incapables de marcher avec 3 cm de talons. Ca dépend notamment de la souplesse au niveau des ligaments.
 
A quel moment doit-on ou peut-on venir voir un pédicure-podologue ?
A. L. : Je conseille aux femmes qui n'ont pas de problèmes particuliers de venir deux fois par an au changement de saison, pour éviter que les problèmes n'arrivent avec les changements de chaussures. Avant et après l'été, sont les bons moments.
Après, quand on a des problèmes de cors, d'ongles incarnés,  il faut venir en préventif, au moins tous les deux mois.
 
Audrey Leclercq, pédicure-podologue, Paris 15e.

 
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