Maison closes : Maîtresse Gilda

Article par Margaux S. , le 20/04/2010 à 16h46 , modifié le 19/10/2010 à 11h07 0 commentaire

Maîtresse Gilda a 34 ans. Cela fait maintenant près de 16 ans qu'elle se prostitue. Membre très actif du récent STRASS -syndicat du travail sexuel- elle milite pour la reconnaissance du droit des prostituées. Pour elle, les maisons closes ne sont pas une solution...

C'est "en civil" que Maîtresse Gilda se présente. Casquette sur la tête, ce jeune homme aux yeux clairs fait beaucoup parler de lui. Responsable communication du STRASS, engagé dans sa cause, il participe à de nombreux débats sur la condition des prostituées, et récemment sur celui autour de la réouverture des maisons closes. Un débat récurrent, qui selon lui, représente un vieux poncif, trop éloigné de la réalité.

"Le problème principal c'est que ce débat est pollué par l'amalgame fait entre la prostitution choisie et celle contrainte. En ce qui concerne la traite, il faut effectivement agir et renforcer la législation, mais pour les prostituées qui exercent volontairement leur métier, les maisons closes ne sont pas une solution".
 

"S'acheter une bonne conscience à bas prix"
Pour Gilda, la réouverture de ces établissements, "c'est mettre la poussière sous le tapis et renier les véritables revendications des prostituées". Selon elle, il faut avant tout "passer par une reconnaissance de nos activités et donc de nos droits, tout en luttant contre la pénalisation"


"Il n'existe pas de solution miracle"
Le débat est beaucoup plus profond qu'il n'y parait. "Il touche au sexe et à l'argent, c'est-à-dire à deux tabous dans notre société. Mais une chose est sûre, enfermer les prostituées dans des maisons closes n'est pas une solution".
A la question : que faudrait-il faire ? Gilda émet l'hypothèse d'une création de sorte de coopératives, comme il en existe à Genève. Un moyen de reconnaitre légalement la prostitution, mais surtout, un moyen de rester libre.
 
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