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Comment bien vivre sa bisexualité ?

Article par Clémence Orcel , le 09/07/2009 à 15h18 , modifié le 09/07/2009 à 16h25 0 commentaire

On parle aujourd'hui de phénomène de mode, mais cela n'est pas forcément évident d'assumer et de vivre sa bisexualité au grand jour. Alors, amours doubles ou amours troubles ?

Aimer au fil des rencontres
Homme ou femme : quelle importance ? Marion préfère dépasser la barrière des sexes et parle de sa bisexualité : « Je suis séduite par la personnalité et le charme de quelqu'un, quel que soit son sexe. Je n'ai pas vraiment de critère de choix, il suffit d'un petit rien pour que je craque. Un jour, je jette mon dévolu sur une jolie fille, ou sur une femme plus âgée et plus masculine. Le lendemain, je croise le regard d'un homme et l'attirance est immédiate. Je m'estime chanceuse, je suis riche de toutes ces expériences, de toutes ces rencontres. »

Don't bi like that !
On les traite de libertins, d'individus qui croquent la vie à pleines dents, multiplient les aventures et pratiquent l'infidélité à haute dose. Certaines hétéros collectionnent les hommes avant de faire un bout de chemin avec « le bon ». C'est pareil pour les bis, l'attirance pour les deux sexes leur donne certes un avantage sur les conquêtes, mais ils finiront par faire leur nid lorsque le moment sera venu.

En attendant, relation exclusive ou relations simultanées, histoires durables ou aventures sans lendemain, ils profitent de la vie, vivent leurs désirs, leurs amours et leur bisexualité au gré de leurs envies. Une liberté enviable, qui suscite parfois l'étonnement, l'admiration ou la jalousie.

Bêtes curieuses
Pour Brune, plus facile de passer incognito au bras d'un homme qu'au bras d'une femme !  Brune : « Les gens que l'on croise dans la rue ont des réactions très variées. Certains rigolent, d'autres nous envoient des regards meurtriers. Il ne s'agit pas toujours de méchanceté, parfois c'est l'étonnement et la curiosité qui l'emportent. » Combattre « l'hétéro-normalité » et l'étiquette homosexuelle, c'est son défi personnel, mais aussi celui de tous les bisexuels. « A la base, je ne cherchais pas à militer, je voulais juste qu'on me laisse vivre en paix, me promener main dans la main avec ma moitié sans qu'on nous dévisage. Mais nous sommes victimes de tellement de préjugés que nous sommes bien obligés de défendre notre cause. Faites passer le message : nous sommes bisexuels, nous ne faisons rien de mal, il n'y a pas de normalité, juste des raisonnements hâtifs et des esprits bien trop cloisonnés par le politiquement correct et une morale dépassée. »

Une femme avec une femme
Elles ont aimé des hommes et peut-être y reviendront-elles. Pour l'instant, elles ont fait le pari de s'abandonner dans les bras d'une femme. Une relation à part, souvent basée sur la complicité et le dialogue. On est loin de l'image qui fait fantasmer des millions d'hommes !
Pas d'histoire de « qui fait l'homme, qui fait la femme ? ». Dans les yeux de l'autre, elles se découvrent telles qu'elles sont et apprennent à fantasmer sur une personne du même sexe. Les câlins prennent une nouvelle saveur, tout comme le quotidien. Beaucoup de codes changent, mais certains restent les mêmes qu'avec un homme. La fidélité, la confiance, par exemple.  Cheminement vers le lesbianisme ou étape transitoire et expérimentale, peu importe, elles vivent le présent tout en sachant qu'être bi réserve bien des surprises !
Vivre cachée pour mieux vivre sa bisexualité ?

Le secret, certaines choisissent de le mettre dans la partie. Parfois par jeu, mais le plus souvent par peur. Peur de la réaction des proches, peur de décevoir, peur de l'immoralité, peur d'être isolée et peu à peu, de devenir une paria.  Elles sont passées par là avant de se lancer, d'assumer leur style de vie, leur différence, leur richesse :
« Je l'ai annoncé à vingt-cinq ans à mes parents. J'ai commencé à jongler avec les hommes et les femmes vers vingt ans. Et pendant ces cinq ans, je me suis mis la pression, j'étais persuadée que ce que je faisais était mal et que ça finirait peut-être par partir. Mes proches ont finalement accepté mon mode de vie, après une période un peu difficile. » Clara n'est pas un cas isolé. Beaucoup de bisexuels se disent que leur double orientation est passagère et qu'ils n'auront sûrement pas besoin de la dévoiler. C'est souvent faux.

« J'ai gardé mon secret à peine six mois avant de mettre ma mère au courant. J'avais seize ans et j'ai paniqué en croyant être anormale. Elle m'a dit qu'il fallait que je fasse mes expériences, que je vive ma double sexualité pour savoir « vers quel côté » mon cœur se tournait. Aujourd'hui, elle est persuadée que je suis lesbienne, bien que je l'ignore moi-même... » Inclure ses proches dans la confidence, c'est le meilleur moyen de s'accepter et d'avancer.

Et comme le démontre l'histoire de Jenny, lorsque la bisexualité se manifeste très jeune, elle peut vite devenir un fardeau extrêmement lourd à porter. Sachez vous entourer de personnes de confiance... hommes ou femmes !
 
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