Formé des mots sadisme et masochisme, le premier mot est dérivé de Sade, ce philosophe des Lumières qui met en scène des
relations sexuelles fondées sur la souffrance et l'humiliation. Le masochisme vient de Léopold Sacher-Masoch, cet auteur autrichien qui élabore dans l'un de ses romans une relation construite autour de la domination et de la manipulation dans sa quête du
plaisir. Dans cet ouvrage,
la Vénus à la fourrure, publié en 1902, le narrateur devient l'esclave sexuel d'une femme.
Le sado-masochisme peut être considéré comme une pratique déviante de la
sexualité voire une perversion car le
plaisir et la jouissance sexuelle ne sont atteints qu'au terme de traitements humiliants où la souffrance morale et physique entre en jeu.
Dans l'œuvre de Sade, un érotisme violent est exposé : une vision où la
sexualité se base sur des actes immoraux: tortures, incestes, viols...
Pourtant, dans un degré beaucoup plus moindre, on peut retrouver des traces
du sado-masochisme dans l'anthologie de la
sexualité qu'est le Kama Sutra. Dans cet ouvrage, griffer son partenaire peut être source de
plaisir... Même si cela ne va pas aussi loin dans la perversion que les pratiques actuelles du SM.
Aujourd'hui, le sado-masochisme est devenu une pratique très codifiée : ce sont des règles qu'établissent les partenaires entre eux lorsqu'ils s'adonnent au SM : certaines limites sont fixées, dans un consentement mutuel total.
Bien entendu, un dominateur se distingue d'une personne dominée consentante. Avoir un penchant pour le SM peut être la conséquence de problèmes psychologiques : une personne ayant subi un traumatisme grave pendant son enfance peut développer l'envie d'être dominatrice ou dominée... de ressentir un
désir incontrôlé de soumission...
Il peut arriver qu'un couple pour pimenter sa vie sexuelle
ait recours à divers jeux qui s'apparentent à du sado-masochisme : menottes, cordes... Ces jeux sont cependant très éloignés de la réalité du monde SM, où la souffrance et l'humiliation sont indispensables pour accéder au
plaisir et à la jouissance.
Selon Freud, l'angoisse de la castration pourrait expliquer le sadomasochisme : châtrer par crainte d'être châtré.
Ou alors cette dérive peut trouver son origine dans l'éducation parentale : si les parents ont tendance à considérer le sexe comme étant sale, la jouissance ne peut être atteinte qu'après un châtiment corporel... La
douleur ressentie s'apparenter alors au
plaisir : pincements, écoulement de cire chaude sur la peau, fessées, brûlures légères...
Les pratiques sont diverses : bondage (encordage), parfois scarifications, des pratiques plus extrêmes peuvent inclure de vrais actes de torture (marquage au fer, infibulation c'est-à-dire mutilation des organes génitaux...).
Des accessoires divers peuvent être utilisés : bottes à talons métalliques, combinaison de latex, chaîne, cuir, fouet... La pratique est scénarisée, avec des codes et un règlement précis. Si le sujet désobéit à un ordre, une correction s'impose. Le SM se déroule dans le cadre d'un cérémonial et d'un rituel précis et particulier. Pendant une séance SM, le soumis peut être attaché à des cordes et avoir les yeux bandés, sans savoir quel traitement va lui être infligé. Il devient une victime entre les mains de son maître, son bourreau, et en général, celui-ci va veiller à sa sécurité en respectant les limites fixées.
Si vous êtes tentés par une expérience, ne vous aventurez pas à l'aveuglette dans le monde glauque du SM. Limitez-vous à le pratiquer avec une personne de confiance ou votre partenaire...