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Quand la jalousie vous rend parano

Article par Clémence Orcel , le 08/06/2009 à 20h04 , modifié le 09/06/2009 à 14h50 2 commentaires

Tous les jours, c'est la même chose. Serveuse, vendeuse, collègue, passante dans la rue... dès qu'il adresse la parole à la moindre fille, vous imaginez le pire : "Il va me tromper !" Etre parano, ce n'est facile ni pour vous, ni pour lui !

La jalousie : un fléau pour le couple

Vous êtes la mieux placée pour le savoir : être jalouse pour un rien, c'est éreintant ! Guetter le moindre intérêt de votre jules pour une représentante de la gent féminine, réclamer des explications pour le plus petit retard ou changement de planning, repérer les éventuelles prédatrices et inventer tous les stratagèmes possibles pour les tenir à l'écart... La jalousie est un travail à plein temps.

A force de vous transformer en détective privé pour protéger votre couple, vous en venez à produire l'effet inverse : délaisser votre homme, oublier votre rôle d'amoureuse et installer une véritable porte de prison au seuil de votre appartement. Personne n'entre, personne ne sort sans votre permission, avant même de vous en être rendu compte, vous êtes devenue un petit tyran qui étouffe, menace, isole votre amoureux de toute sa vie sociale, amicale, familiale...
Quant à lui, que peut-il faire d'autre que s'éloigner, fuir ces crises et ces soupçons incessants, se taire quand vous l'assaillez de toutes ces questions sans raison ? Vous aimeriez qu'il vous rassure, vous apaise, vous témoigne son amour, mais vous savez très bien que vous ne croyez jamais un mot de ses explications. La communication est rompue, la confiance envolée, la spirale infernale s'est refermée sur vous : vous enquêtez, interrogez, interprétez et recommencez à douter.
 
La jalousie : une vraie maladie ?

L'éternel complexe d'infériorité, la certitude que vous ne le méritez pas ou simplement la peur de le perdre : votre jalousie n'est qu'un des symptômes de votre manque de confiance en vous. Vous êtes persuadée que cette fille a de plus beaux cheveux, celle-ci de plus longues jambes, celle-là un charisme fou ou un sens de l'humour inégalable... Et il ne vous en faut pas plus pour amorcer le procès d'intention de votre chéri : puisque vous vous sentez moins bien qu'elle, il doit lui aussi la trouver mieux que vous. Il n'a encore rien dit, rien fait, et vous montez sur vos grands chevaux : "J'ai vu ton regard, j'ai vu ton sourire, je te connais, je sais l'effet qu'elle te fait !" Ce qui n'était que politesse ou sympathie de sa part devient en un quart de seconde la plus haute trahison qui soit.

Quand la jalousie devient maladive, elle est capable de vous faire perdre toute lucidité. "Mais puisque je te dis que c'est ma cousine Sophie !", "Mais ma chérie, elle a 15 ans et demi !", là il s'agit bien de pure paranoïa. Vous n'êtes même plus capable de distinguer vos idées fixes (et folles) du vrai danger. Famille, garçons, enfants, bons copains, tout y passe, la moindre attention qu'il n'a pas pour vous vous rend malade de jalousie. Là il n'est plus question d'amour mais de possessivité à outrance. Vous agissez comme s'il vous appartenait, vous le traitez presqu'en objet, et c'est le meilleur moyen le perdre. Un conseil : faites-vous aider. Vous le devez à votre couple, mais surtout à vous-même : il est temps d'accepter qu'on vous aime.
 
La jalousie, elles connaissent

Amel, 28 ans, vendeuse
"Je suis avec Yann depuis trois ans et au début tout allait bien. J'étais sereine, je lui accordais une confiance totale, presque aveugle. Et puis un jour il m'a avoué qu'il avait trompé son ex. "J'étais un peu lassé de mon couple, ça s'est fait comme ça, sur un coup de tête", m'a-t-il dit. Depuis, je ne peux pas m'empêcher de me demander tous les jours s'il n'en a pas marre de moi et si le même scénario ne va pas se reproduire. J'évite de lui faire des scènes et de lui montrer ma jalousie maladive parce que j'ai peur de le faire fuir. Mais rien n'y fait, mes amies ont beau me rassurer, j'en viens même à le suspecter de penser à quelqu'un d'autre quand on fait l'amour."

Fiona, 31 ans, ingénieur
"J'ai toujours été très possessive avec mes copains mais je dois avouer qu'avec mon mari, c'est pire que tout. Je le surveille en permanence et je ne supporte pas qu'il fasse quoi que ce soit sans moi. Nous travaillons ensemble, c'est d'ailleurs au bureau que nous nous sommes rencontrés. Nos collègues femmes savent à quoi s'en tenir, elles ne l'approchent pas de trop près ! Les sorties se font toujours à deux : pas de soirée entre mecs qui tienne ! Pour les courses, c'est pareil, jamais sans moi et gare à lui s'il regarde une fille avec trop d'insistance! Il lui arrive de râler, de se plaindre de mon manque de confiance, mais il sait pertinemment que je ne changerai jamais."

Margaux, 22 ans, étudiante
"Florent m'a trompée il y a deux ans. Je l'ai quitté mais il m'a convaincue de lui donner une seconde chance. Le problème c'est que je n'ai plus confiance en lui. Dès qu'il a le dos tourné, je lis ses textos, ses mails, ses historiques de conversation msn, je vérifie même ses listes d'appels sur son téléphone portable. Il m'arrive de découvrir des petites choses qui me déplaisent, mais aucune preuve qu'il me trompe. Je ne peux pas le confronter sur tel texto ou tel mail, sachant qu'il ne sait pas que je les lis ! Du coup cette situation est très frustrante : je dois tout garder pour moi et faire comme si tout allait bien. Je sais que je me fais du mal inutilement, qu'il faut que j'arrête de fourrer mon nez partout mais je n'y arrive pas, j'ai trop peur qu'il me trompe de nouveau sans que je le sache !"

Alix, 34 ans, professeur des écoles
"La fille jalouse par excellence, c'était moi ! Folle amoureuse de Christophe, j'avais une peur bleue qu'il aille voir ailleurs. Petit à petit, la peur s'est transformée en paranoïa. Je ne supportais pas qu'il change de pièce pour téléphoner, qu'il rentre  parfois avec une heure de retard, qu'il demande des nouvelles à une ex collègue croisée dans la rue. Du coup il m'est arrivé  de l'espionner pendant sa pause déjeuner ou de l'attendre à la sortie du travail et de le suivre pour vérifier qu'il rentrait directement à la maison. Le pire du pire ? Il y a six mois, j'étais persuadée qu'il fricotait avec sa boss, du coup j'ai engagé un détective privé pour en avoir le cœur net. Bilan des courses : une note salée et une bonne remise en question. Christophe ne me trompait pas. Depuis je me soigne et ça va mieux, je ne suis plus jalouse... ou presque !"
 
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