• Amour
  • Couple

Politique et sexe : un tandem à la française ?

Article par Cyril Cournoyer , le 20/03/2007 à 11h26 , modifié le 18/02/2008 à 18h46 0 commentaire

Si, comme déclarait le diplomate Henry Kissinger, "le pouvoir est l'aphrodisiaque absolu", de nombreux politiques l'ont prouvé au fil des années. Christophe Deloire, co-auteur de "Sexus Politicus", nous explique pourquoi ce cliché se vérifie si souvent.

Votre livre Sexus Politicus, révèle, grâce à un florilège d'exemples concrets, que la politique et le sexe sont souvent indissociables. Pourquoi ?
La quête du pouvoir est quelque chose de charnel, et les politiques ressentent souvent le " syndrome du rocker " quand ils donnent un discours. François Mitterand avait notamment l'impression de " faire l'amour à la foule ", ou Valery Giscard d'Estaing déclarait qu'il " était amoureux de 17 millions de Françaises " : pendant les discours, il cherchait toujours le regard des femmes. Les hommes politiques donnent beaucoup au quotidien et mais ont aussi besoin de recevoir énormément.

Vous relatez les aventures de nombreux ministres ou conseillers, mais vous évoquez peu les femmes politiques. Sont-elles moins séductrices ?
Elles occupent déjà plus rarement de très hautes fonctions. Puis elles évoluent dans un univers très machiste. Édith Cresson, par exemple, était avant tout perçue comme une femme qui avait usurpé la fonction de premier ministre !
Et si une femme de ce milieu était très en demande, cela serait bien plus préjudiciable pour elle que pour un homme. Celles qui ont des liaisons sont beaucoup plus discrètes à ce sujet. Les femmes que nous avons interviewées nous ont confié qu'elles n'étaient pas fréquemment courtisées, car une femme de pouvoir effraie généralement les hommes !

Suite à certaines de vos révélations, des politiques vous ont-ils intenté des procès ?
Non, nous n'avons eu aucune poursuite. Je pense que c'est grâce au ton humoristique du livre, car nous ne portons aucun jugement sur ces situations. Qui plus est, les personnalités que nous avons rencontrées abordaient facilement ce sujet avec nous.

Vous comparez la France aux autres pays, et nous semblons bien plus libertins que d'autres nations !
Nos hommes politiques ne sont pas plus portés sur la chose qu'ailleurs, mais ici, c'est nettement plus toléré. Peut-être parce que du temps de la monarchie, le roi avait ses favorites, puis il y a eu les égéries, et de nos jours les maîtresses...Mais la presse étrangère a beaucoup parlé de Sexus Politicus, car c'est vrai que nous bénéficions d'une liberté de parole assez exceptionnelle.

Existe-t-il une " sexualité de gauche " et de " droite " ?
Non, nous nous sommes effectivement penché sur la question, mais rien de déterminant n'est ressorti. En revanche, il existe vraiment une sexualité du pouvoir !

Le " sex-appeal " d'un candidat est-il déterminant dans le vote des électeurs ? 
Non, les Français votent avant tout pour des motifs politiques et non pour une " first lady ", ni pour un physique. Cela peut même être discréditant pour un politique d'en faire trop de ce côté-là.

Sexus Politicus, de Christophe Deloire et Christophe Dubois, éditions Albin Michel, 20,90 euros

 
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.



d'Amours
logAudience