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Le couple et l'amour : ce qui a évolué en 50 ans

Article par Marie-Lucie Vanlerberghe , le 08/03/2007 à 11h19 , modifié le 11/03/2008 à 16h35 1 commentaire

Naissance du couple, institutions, émancipation des femmes... Le sociologue Jean-Claude Kaufmann fait le point sur tout ce qui a changé dans la vie des couples.

La genèse du couple
Dans les années 50, on " rentrait en couple " par le mariage. Cette institution marquait le début de la vie commune (les relations sexuelles étaient encore rares avant le mariage).
Les rôles domestiques étaient définis par avance : monsieur rapportait la paie, et madame s'occupait des enfants et de la maison. Seul monsieur avait le permis et conduisait la voiture. Aujourd'hui, on "rentre en couple" à petits pas. On a peur de se tromper, de perdre sa liberté. La vie à deux s'installe progressivement. Et quand l'entente est là, on peut avoir envie de passer à la phase 2, qui est le projet familial. Cette envie arrive souvent un peu avant ou en même temps que le désir d'enfant. Il en découle une envie d'investir sur l'avenir, d'avoir une maison, de bâtir un projet à long terme.

Le partage des tâches
Petit à petit les hommes ont pris part aux tâches ménagères, avec plus ou moins de bonne volonté. Mais souvent, leurs techniques sont différentes : le coup de balai évite les coins, tout le linge sale se retrouve mélangé à 60°...
Jean-Claude Kauffmann observe un jeu de rôles toujours inégalitaire entre l'homme et la femme sur ce sujet : " La mémoire historique est très forte chez la femme, qui ne peut pas s'empêcher de prendre en charge une série de choses. Les femmes me disent souvent : C'est plus fort que moi, je ne peux pas le laisser faire les machines comme ça... Ce sont toujours elles qui portent une ambition très forte pour leur couple, pour le suivi des enfants."
 
L'émancipation féminine
Il y a encore moins d'un demi-siècle, les femmes se donnaient corps et âme à leur famille. Elles n'existaient pas individuellement et suivaient leur mari. Elles étaient élevées en vue de se marier et d'avoir des enfants.
Aujourd'hui, elles s'affirment en tant qu'individus autonomes. Avec la maîtrise de la fécondité, l'accès aux études, qui a ouvert les portes du travail, les femmes ont vécu une mutation spectaculaire. A l'école, elles sont aussi douées, voire plus que les garçons. Au moment des études supérieures, elles sont aussi dans l'égalité, de même qu'au début de la vie professionnelle. " Les choses se gâtent dès qu'il y a une famille, constate Jean-Claude Kaufmann. Là, bien souvent, leur carrière plafonne. "

Les rapports hommes/femmes
Dans les rapports de couple, nous sommes passé d'une société de rituels et de critères (fidélité, durée, rôles prédéfinis) à une société où tout est mis en jeu, tout est possible.
" Au fond, observe Jean-Claude Kaufmann, on note qu'il y a dans les rapports entre hommes et femmes le rêve de ne pas tirer un trait sur toutes les valeurs d'autrefois. Les femmes veulent un homme égalitaire, mais galant. Un homme sensible, mais fort, rassurant et assuré. "
Ce sont elles qui ont le plus évolué. Même leurs gestes, leur corps ont gagné en aisance. Elles peuvent être impressionnantes pour certains hommes.
Beaucoup aimeraient avoir deux femmes, plaisante le sociologue, une à montrer en ville, moderne, dynamique, et une pour chez soi, tranquille et qui n'ait pas toutes ces exigences. "

Le mariage
Avant les années 50, l'individu était programmé, c'était une société du destin. On se mariait avec quelqu'un qu'on aimait ou pas, et qu'on finissait par aimer ou pas. On piochait parfois le bon numéro. Sinon, tant pis, on vivait quand même avec l'époux ou l'épouse.
Aujourd'hui, la quête, c'est le bonheur personnel. La durée n'est pas le critère, c'est la qualité de la relation.
En 1975 est apparue la loi  introduisant le droit au divorce par consentement mutuel. Depuis, le mariage ne joue plus le même rôle. Il est devenu un marqueur symbolique. Il reflète l'envie de s'engager et de célébrer cette union avec ses amis, sa famille. C'est l'enfant, plus que le mariage, qui installe l'idée de la durée.

La sexualité
Il y a 50 ans, on ne parlait pas de sexe, et encore moins de plaisir féminin. Les femmes, pour beaucoup, arrivaient vierges au mariage, et les hommes découvraient la sexualité auprès des prostituées. Une honnête femme, même mariée, ne s'adonnait pas à certaines pratiques...
Après 68, on a beaucoup prôné l'amour libre, les expériences communautaires, mais cela ne s'est jamais imposé comme modèle.
" Aujourd'hui, le sexe n'est plus du tout tabou. Il existe une revendication féminine du sexe pour le sexe. Mais au fond, les femmes associent toujours le sexe et l'amour. De même, on assiste à une libération du discours, qui n'est pas pour autant suivie d'une libération des pratiques ", note le sociologue.
Si l'exclusivité sexuelle est remise en cause, des pratiques comme l'échangisme restent très marginales. La recherche actuelle de sécurisation remet au goût du jour un schéma plus traditionnel.

 
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