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Catherine Laborde nous parle de l'infidélité

Article par Marie-Lucie VANLERBERGHE , le 13/03/2007 à 17h55 , modifié le 09/07/2009 à 16h41 5 commentaires

Dans son essai " La douce joie d'être trompée ", Catherine Laborde évoque l'idée d'un amour capable de passer outre la tromperie de l'être aimé. Interview.

La douce joie... Vous voulez dire l'atroce souffrance ?
Evidemment atroce souffrance... mais aussi douce joie ! Il m'a fallu tout un livre entier pour en parler, car elle est difficile à expliquer. Elle n'a rien de masochiste. C'est une joie qui vient après la souffrance et qui la dépasse.
L'amour connaît beaucoup d'obstacles, mais l'épreuve du feu, c'est la tromperie. Si l'on parvient à la dépasser, c'est que l'amour est toujours là. Cette joie vient de la prise de conscience que l'on aime encore. Si cette vibration est toujours présente après une telle épreuve, c'est que l'amour est assez fort.

Une passade, OK... mais une aventure suivie ?
C'est pareil. Il n'y a pas de différence entre un coup de canif et de poignard. C'est toujours une blessure qui fait mal. Qui peut dire qu'une passade d'un soir ne sera pas une histoire d'amour fulgurante ?

Il n'y a donc rien à pardonner ?
Non. Lui pardonner voudrait dire qu'on lui reproche d'être ce qu'il est. En amour, il faut une éthique très forte, mais on ne peut s'en référer qu'à soi-même. Il faut être sacrément libre pour cela.

Mais si un homme vous aime, comment peut-il supporter votre souffrance ?
C'est son problème, ce n'est pas le mien. Mais quand il me trompe, ce n'est pas contre moi. Il fait ça pour lui. On trompe parce que l'on est attiré par quelqu'un, pas pour faire mal à son conjoint.
Les accès de rancune sont souvent inévitables dans ces cas-là, mais il est inutile de les entretenir et de culpabiliser l'autre. Mieux vaut s'éloigner et se méfier de toute démonstration de sa souffrance.

L'infidélité est-elle inévitable ?
Non, je ne pense pas. Mais je n'ai rencontré que des hommes infidèles. Soit je les ai attiré, soit je les ai fabriqué, je ne sais pas... Mais je peux comprendre pourquoi ils ont été infidèles. Quand ce sont les plus beaux, les plus intelligents que vous aimez... Forcément, ils sont convoités par d'autres femmes.

Rêvez-vous d'un homme fidèle ?
Non, je rêve de l'homme que j'aime, mais pas de fidélité. Je rêve que l'amour entre nous deux dure toujours. Je pense que l'on peut rester vigilant sans pour autant construire son couple sur le mode des contraintes et des serments. Je n'y crois pas. Et il me semble que l'on ne peut demander à l'autre d'être fidèle, parce que c'est sa liberté.

Et vous, prenez-vous cette liberté ?
Non, moi je ne trompe pas, mais ce n'est pas pour des raisons morales. Simplement, je ne sais pas. Quand je tombe amoureuse, j'y mets toute mon énergie. C'est une question de fonctionnement personnel.

Que conseilleriez-vous aux femmes trompées ?
Ce que je trouve le plus dangereux dans cette situation, c'est la perte de l'estime de soi. C'est ça qu'il faut sauver en premier.
Au tout début, c'est surtout le regard des autres qui fait mal, mais il n'a aucune importance. Même si c'est difficile de ne pas y penser.
Je conseillerais aux femmes de ne suivre aucun conseil, de se faire confiance. Leur dire que l'on peut toujours dépasser la douleur, soit pour passer à un nouvel amour, soit pour vivre encore cet amour.

La douce joie d'être trompée de Catherine Laborde
Editions Anne Carrière

 
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