• Amour
  • Séduction

Harcèlement : quand la drague va trop loin

Article par Clémence ORCEL , le 31/03/2009 à 10h21 , modifié le 31/03/2009 à 10h26 4 commentaires

Tous les jours, des femmes subissent les avances de leur patron, d'un voisin, d'anonymes, les menaces de leur supérieur, le chantage de leur ex. Harcèlement au travail ou sur leur lieu de vie... Deux d'entre elles témoignent.

L'une a vécu une expérience traumatisante, l'autre ne se sent toujours pas en totale sécurité dans son propre immeuble. Deux histoires différentes mais finalement similaires : deux femmes qui ont su réagir pour se protéger face à deux hommes qui tentaient de les manipuler...

Mon patron, ce harceleur

"Mon expérience est l'exemple typique du harcèlement sexuel sur le lieu de travail. J'ai travaillé quelques mois dans une grande agence de publicité. Dernière recrutée dans une équipe déjà bien soudée, j'ai tout de suite eu l'impression d'être au centre des conversations. Notre boss était le seul à ne pas me mettre à l'écart, à me traiter avec respect et bienveillance. Du coup, j'ai sympathisé avec lui. Un soir nous sommes allés boire un verre, sans arrière pensée selon moi.  Mais mon patron, pourtant marié, ne l'a pas vu de cet œil, et une fois son Martini avalé, il a commencé à me caresser le bras. Comprenant ce qui était en train de se passer, j'ai prétexté un rendez-vous et j'ai filé. Les jours et les semaines qui ont suivi ont été un cauchemar. Il m'appelait sans cesse, me bombardait de SMS, de mails, me faisait envoyer des fleurs. Je n'osais pas lui dire fermement que je n'étais pas intéressée et que je trouvais ça gênant, presque malsain. Et puis un jour il m'a proposé une partie de jambe en l'air contre un changement d'équipe, et là, ça m'a rendue furax. J'ai refusé sa proposition en le traitant de tous les noms, ce qui ne lui a pas plu. Les jours suivants j'ai eu droit à un manège de menaces, de promesses, de propositions indécentes, de cadeaux, de lettres explicites. Je n'en pouvais plus, je pleurais pendant les réunions, mes collègues ignoraient complètement mon désarroi et faisaient semblant de ne rien voir, je sentais son regard sur moi en permanence. Il fallait que je fasse quelques chose. Je me suis renseignée auprès de l'A.V.F.T. (Association européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail) qui m'a conseillée de faire appel à mon représentant du personnel. Je lui ai montré les preuves du harcèlement, j'ai réussi à collecter quelques témoignages qui allaient dans mon sens. Deux semaines après, toujours rien, le manège infernal continuait. Je me suis donc tournée vers la Direction des Ressources Humaines qui a mené sa petite enquête. Mon supérieur a été convoqué, entendu, puis finalement congédié. Quelques temps après, traumatisée par cette expérience, j'ai démissionné. Je n'ai plus jamais eu de contact avec mon harceleur, cela fait 4 ans maintenant. Depuis, j'ai trouvé un nouveau travail, mon patron est une femme."

Mon voisin, cet amoureux transi et anonyme

"C'était il y a un peu moins d'un an. Suite à mon divorce, je venais d'emménager dans mon nouvel appartement, seule avec mon chien. J'avais eu quelques contacts avec mes voisins, tous très sympathiques, qui m'avaient parlé de Monsieur F. du deuxième étage. Mon étage. Apparemment Monsieur F. sortait peu de chez lui et lorsqu'il croisait des gens, il se comportait un peu bizarrement. Cela ne m'inquiétait pas plus que ça et je n'étais pas fan des commérages. Quelques semaines après mon emménagement, j'ai commencé à recevoir des lettres d'amour. Au début, juste quelques mots qui parlaient de ma « beauté exquise ». Je pensais à une blague. Mais au fil des semaines, elles étaient de plus en plus fréquentes, de plus en plus longues, de plus en plus inquiétantes. Elles n'étaient pas timbrées, donc quelqu'un venait les glisser directement dans ma boîte. J'ai fait ma petite enquête auprès du voisinage, et apparemment c'était la première fois que cela arrivait dans l'immeuble. Les lettres étaient devenues quotidiennes, j'en recevais parfois deux par jour. Pas de menaces mais des mots d'amour, des poèmes érotiques, des dessins explicites. Inutile de vous dire que j'étais morte de peur. Je suspectais Monsieur F., que je croisais de temps en temps dans le couloir, et le moment était venu d'en avoir le cœur net. Je me suis rendue à l'agence immobilière qui louait tous les appartements de l'immeuble, l'une des employées était une amie, c'est elle qui m'avait déniché mon deux-pièces. A ma demande, elle a comparé l'écriture présente sur la lettre et celle présente sur le bail de Monsieur F. Le constat était évident : elles étaient identiques. Je me suis immédiatement rendue à sa porte. Il m'a ouvert, l'air gêné, un peu comme un enfant pris la main dans le sac. Je lui ai dit que je savais tout et que s'il n'arrêtait pas de me harceler j'appellerais la police. Je n'ai plus jamais reçu de lettre après ça, je croise très rarement Monsieur F. que je suspecte de m'éviter, mais je reste mal à l'aise lorsque je suis sur le pallier du deuxième étage. Je pense déménager dans les mois qui viennent."
 
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.



d'Amours
logAudience